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Les origines de la célébration du jour de l’Action de grâces au Canada

Le jour de l’Action de grâces est la période de l’année où famille et amis se réunissent pour consommer sans culpabilité une quantité industrielle de nourriture pour laquelle nous sommes vraiment reconnaissants, mais quelles sont les origines de cette fête? Une dinde a-t-elle-même trempé dans cette histoire?

Reconnaissants d’être arrivés sains et saufs

Martin Frobisher, un explorateur anglais n’ayant aucun lien avec Christophe Colomb, sinon qu’il a lui aussi été incapable de trouver une voie vers les Indes, a toutefois réussi à établir une colonie en Amérique du Nord.

Le périple initial fut entrepris par un équipage total de 35 hommes, à bord de seulement trois navires en bois. Un seul des bateaux a réussi à traverser l’océan, sur plus de deux mille milles de flots impitoyables, affrontant la glace et les tempêtes. Après le voyage de retour, Frobisher revint deux fois en Amérique. Un exploit qui méritait bien d’être célébré, comme le pensait Frobisher.

En 1578, Frobisher célébra une cérémonie à l'endroit qu'on appelle maintenant Terre-Neuve pour remercier Dieu d’avoir survécu à ces longues expéditions. Cet événement est reconnu comme étant la première célébration de l’Action de grâces au Canada. Les colons qui allaient s’établir au Canada peu après ont perpétué cette tradition de remerciements.

Reconnaissants de bien s’entendre avec les voisins

Les colons français qui débarquèrent au Canada, menés par l’explorateur Samuel de Champlain, fondateur de la Nouvelle-France et de Québec, se montrèrent pareillement reconnaissants de leur propre survie et organisèrent d’énormes festins de remerciements.

À cette époque, comme on croyait que le scorbut était causé par l’oisiveté, Champlain profita de ces festivités pour y amener un élément de participation active et nomma l’événement l’« Ordre de bon temps », qui eut lieu pour la première fois le 14 novembre 1606.

Marc Lescarbot, avocat et poète parisien, fut le premier à décrire l’Ordre de bon temps : « Lors de ces fêtes, nous avions toujours vingt à trente autochtones, de tout âge et des deux sexes. Quant au grand chef Membertou et autres sagamos, ils étaient à table mangeant et buvant comme nous. »

Après la fin de la guerre de Sept Ans entre Anglais et Français en 1763, les citoyens d’Halifax instaurèrent une journée spéciale pour rendre grâce eux aussi.

Reconnaissants envers les loyalistes et l’arrivée d’un « participant » important

Les Américains qui sont demeurés loyaux envers l’Angleterre pendant la révolution américaine se sont exilés au Canada en apportant avec eux leurs propres traditions. Ces traditions comprenaient la fête de la moisson, reconnue plus tard comme l'Action de grâces américaine qui, à l’origine, était fêtée conjointement à la colonie de Plymouth par les Pères pèlerins et les Wampanoags. Les deux fêtes présentaient de nombreuses similitudes, comme la corne d’abondance et la tarte à la citrouille, mais un certain ingrédient était absent de la version canadienne.

La « première fête de l’Action de grâces » de la colonie de Plymouth eut lieu en 1621, 43 ans après la cérémonie organisée par Martin Frobisher, mais on y retrouvait déjà un élément familier et important, tel que relaté par William Bradford, gouverneur de la colonie : « en plus de la sauvagine, il y avait du dindon sauvage en abondance ». Bien qu’il ne s’agissait pas de l’aliment le plus important du repas, il allait rapidement prendre de l’importance dans les festivités qui ont suivi.

Reconnaissants envers la célébration de l'Action de grâces

En 1879, le 6 novembre fut proclamé jour de l’Action de grâces et fête nationale par le Parlement canadien.

Après la Première Guerre mondiale, le jour de l’Armistice et le jour de l’Action de grâces furent tous les deux célébrés le lundi de la semaine du 11 novembre.

En 1931, on sépara les deux célébrations et le jour de l’Armistice fut rebaptisé le jour du Souvenir.

Le 31 janvier 1957, le Parlement proclama que le jour de l’Action de grâces, « une journée pour rendre grâce au Dieu tout-puissant des bienfaits dont jouit le peuple du Canada », serait dorénavant célébré le deuxième lundi d’octobre.

Que l’on en profite pour faire bonne chère, pour passer du temps en famille ou pour se reposer, le jour de l’Action de grâces est un moment propice pour s’arrêter et réfléchir aux choses pour lesquelles nous sommes vraiment reconnaissants.