Les marchés cette semaine

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La Bourse est plombée par les bénéfices en berne et l’inertie des négociations commerciales

19 juillet 2019

L’envolée boursière du début de la semaine a de nouveau hissé les grands indices américains à des sommets sans précédent. Or, les titres boursiers ont fait marche arrière lorsque le président américain Donald Trump, en évoquant de nouvelles sanctions tarifaires contre la Chine, est venu rappeler aux investisseurs que les progrès sur un pacte commercial semblent être au point mort. Les cours boursiers ont continué de dériver à la baisse quand la saison de publication des bénéfices du deuxième trimestre, déjà bien engagée, en a déçu certains avec surprises à la hausse comme à la baisse. À la fin de la semaine, un mouvement de redressement faisant suite aux commentaires conciliants de deux responsables de la Réserve fédérale a vite été interrompu. En effet, un communiqué a par la suite précisé que ces commentaires n’avaient pas pour objet de donner un signal clair quant à la politique monétaire.   

Le S&P/TSX a légèrement glissé, mais a tout de même mieux fait que les marchés américains après avoir été à la traîne dans chacune des six semaines précédentes. L’indice phare canadien a surtout été dynamisé par le secteur des matériaux : la hausse des cours des métaux précieux a galvanisé les producteurs. Le cours de l’or a gagné plus de 10 % dans les six dernières semaines pour culminer à son plus haut depuis plus de six ans. Le bond de l’action Shopify Inc. a porté le secteur de la technologie; si ce titre, qui pèse plus du tiers du secteur, a bondi, c’est parce que les analystes ont révisé leurs notes à la hausse et que l’entreprise s’apprêterait à publier de solides bénéfices à la fin du mois. L’énergie a offert la pire performance sectorielle du TSX. Les cours du pétrole ont brusquement chuté lorsqu’on a annoncé une hausse des stocks d’essence aux ÉtatsUnis et de la production de brut en en Russie, et que l’incessant conflit commercial entre les ÉtatsUnis et la Chine est venu alimenter les doutes sur la demande mondiale. L’aggravation des tensions dans le golfe Persique n’a pas vraiment pu freiner la chute des cours du brut.

Le secteur de l’énergie a compté parmi les grands perdants du S&P 500, comme il l’a été pour le TSX. Le secteur des services de communications a fortement dégringolé lorsque Netflix Inc. a déclaré avoir perdu des abonnés aux ÉtatsUnis et ralenti considérablement dans son développement international. Les statistiques économiques ont été contrastées. Les résultats publiés ont été décevants pour la construction résidentielle comme pour l’indice avancé du Conference Board. Pourtant, les ventes au détail ont fait mieux qu’espéré; l’enquête Empire State sur le secteur manufacturier et l’enquête de la Fed de Philadelphie sur la conjoncture économique se sont soldées par des résultats étonnamment vigoureux. Dans son Livre beige, la Réserve fédérale, toujours aussi évasive, s’est suffisamment inquiétée des vents contraires qui soufflent sur l’économie pour qu’une baisse des taux demeure très envisageable à la fin de juillet.

En Allemagne, l’indice DAX a mené les marchés européens à la baisse après que l’enquête ZEW sur les attentes des investisseurs ait atteint son plus creux depuis octobre 2018. En Italie, des rumeurs d’élections anticipées ont fait chuter le cours des actions. Au RoyaumeUni, où s’accentue le risque d’un Brexit sans accord, le Bureau de la responsabilité budgétaire a averti que l’on pouvait s’attendre à une « récession d’envergure », même si les ventes au détail du Royaume ont été au rendez-vous et que l’emploi a suffisamment crû pour maintenir le taux de chômage à un creux depuis 44 ans. Toutefois, Ursula von der Leyen, dont la nomination vient d’être confirmée à la présidence de la Commission européenne, a fait savoir qu’elle était prête à reporter l’échéance du Brexit. Or, ce report n’arrangerait rien, puisqu’il prolongerait l’incertitude et compliquerait, pour les entreprises, la planification de l’emploi, de l’investissement et de la production.

En Asie, la plupart des places boursières ont plongé : le PIB réel de la Chine a en effet comptabilisé le rythme de croissance le plus lent depuis 1992. Au Japon, les titres boursiers ont subi le pire recul de la région. Tributaire des exportations, ce pays est vulnérable non seulement au ralentissement de l’économie chinoise, mais aussi à l’escalade du conflit commercial et diplomatique avec la Corée du Sud, son troisième partenaire commercial (après la Chine et les ÉtatsUnis).

 

 À surveiller la semaine prochaine :

Canada

  • Ventes dans le commerce de gros (mai)

États-Unis

  • Ventes de logements existants (juin)
  • Indices Markit des directeurs des achats (juillet)
  • Ventes de logements neufs (juin)
  • Commandes de biens durables (juin)
  • Produit intérieur brut (deuxième trimestre)

Valeur des titres à la clôture hebdomadaire des marchés

INDICES BOURSIERS
Niveau Variation 1 semaine DDA 1 an 5 ans
      $ CA $ CA $ CA $ CA
S&P/TSX 16 485,94 - 2,18 - 0,01 % + 15,10 % - 0,34 % + 1,55 %
S&P 500 2 976,61 - 37,16 - 0,94 % + 13,88 % + 4,47 % + 12,86 %
DJIA 27 154,20 - 177,83 - 0,35 % + 11,65 % + 6,63 % + 14,08 %
FTSE 100 7 508,70 + 2,73 - 0,18 % + 5,00 % - 7,43 % - 0,17 %
CAC 40 5 552,34 - 20,52 - 0,42 % + 10,38 % - 2,40 % + 5,30 %
DAX 12 260,07 - 63,25 - 0,56 % + 9,20 % - 7,98 % + 4,98 %
Nikkei 21 466,99 - 218,91 - 0,53 % + 5,33 % - 2,77 % + 10,07 %
Hang Seng 28 765,40 + 293,78 + 1,56 % + 7,09 % + 1,63 % + 8,18 %
DEVISES
CA Variation
1 semaine DDA 1 an 5 ans
$ US 1,3058 + 0,0030 + 0,23 % - 4,25 % - 1,62 % + 4,00 %
Euro 1,4654 - 0,0029 - 0,19 % - 6,28 % - 5,16 % + 0,19 %
Yen 0,0121 + 0,0000 + 0,41 % - 2,54 % + 2,74 % + 2,74 %
Bons du Trésor canadiens Taux Variation PRODUITS DE BASE $ US Variation
3 mois 1,64 - 0,02 Pétrole 56,16 $ - 4,05 $
5 ans 1,41 - 0,13 Or 1 426,01 $ + 10,26 $
10 ans 1,50 - 0,11 Gaz naturel 2,38 $ - 0,16 $