Les marchés cette semaine

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La Bourse canadienne ranimée par l’espoir qu’un accord OPEP-Russie hausse les cours du brut

Le 3 avril 2020

Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a profité du rebond des cours du pétrole, qui avaient atteint des creux qu’on n’avait pas vus depuis bien des années. Au début de la semaine, le brut WTI (West Texas Intermediate) a chuté à moins de 20 $ US le baril et le marqueur canadien — le Western Canadian Select — a plongé sous la barre des 4 $ US le baril. Vendredi, le WTI reprenait 45 % et le WCS triplait par rapport à son plus creux, en réaction à la déclaration du président américain Donald Trump, qui s’attend à ce que l’Arabie saoudite et la Russie annoncent une baisse de leur production pétrolière pour mettre fin à leur guerre de prix. Le président Trump s’était adressé au président russe Vladimir Poutine et au prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane pour les inviter à s’entendre. (Ni la Russie ni l’Arabie saoudite n’ont encore confirmé la baisse de leur production, mais les deux pays se sont dits prêts à négocier la semaine prochaine.) Le brut a encore repris des couleurs quand la Chine a déclaré qu’elle se mettrait à stocker le pétrole pour se constituer des réserves.

En Bourse, le Canada s’est illustré parmi de nombreux autres pays développés. Cette semaine, aux États-Unis et presque partout en Europe, les marchés, portés par l’actualité pétrolière, ont quand même continué de s’affaisser puisque dans ces deux régions, la crise de la COVID-19 ne cesse d’empirer. Le plongeon s’est surtout produit au milieu de la semaine quand le président Trump a prolongé jusqu’au 30 avril les consignes de distanciation sociale aux États-Unis.

Tout porte de plus en plus à croire que le pire de la volatilité boursière est dans le rétroviseur. Mondialement, les mesures de relance ont essentiellement calmé les marchés du crédit, les cours de l’or ont légèrement faibli, et la volatilité boursière mesurée selon l’indice de la Bourse des options de Chicago (VIX) s’est repliée aussi vite qu’elle s’était hissée à des sommets absolus. Pourtant, les cours des obligations d’État sont toujours plombés par le ralentissement de la croissance économique et par la demande d’actifs relativement très rentables. (La ruée sur les rendements, malgré ces creux sans précédent, s’intensifie alors que les sociétés sont plus nombreuses à sabrer ou à annuler leurs dividendes.) De même, les courants de valeurs refuges continuent de rehausser le dollar américain.

Les rapports économiques sont de plus en plus calamiteux, comme en témoigne le record de 6,65 millions de premières demandes de prestations de chômage cette semaine aux États-Unis. Vendredi, les marchés boursiers ont régressé encore plus quand on a annoncé une forte hausse du nombre de nouveaux chômeurs. Or, les investisseurs font largement fi des communiqués : attentifs aux progrès accomplis dans la mise au point d’un traitement médical, ils veulent savoir quand sera atteint le pic des cas confirmés de COVID-19 et, par le fait même, quand l’économie pourra « redémarrer ».

Les secteurs du TSX ont dégagé des rendements très variés. Il s’agit d’une bonne nouvelle, car les acheteurs et vendeurs ne réagissent plus sans discernement. Le secteur de l’énergie a gagné plus de 12 %. Les matériaux et les services de communication ont eux aussi été assez solides. Cependant, la santé (actions de cannabis), la consommation discrétionnaire, l’immobilier et la technologie ont fini la semaine dans le rouge. La technologie, qui est l’un des secteurs les plus performants cette année, a brusquement dégringolé lorsque Shopify Inc., qui pèse plus de 40 % du secteur, a retiré ses prévisions bénéficiaires pour 2020. L’énergie a elle aussi mené le S&P 500, indice dont les secteurs de l’immobilier, de la finance et des services aux collectivités ont inscrit les plus fortes baisses. La santé a monté quand Abbott Laboratories a dévoilé un dispositif de dépistage en cinq minutes du coronavirus et que Johnson & Johnson a annoncé un candidat-vaccin pour le virus.

En Europe et en Asie, les marchés ont comptabilisé des résultats très contrastés. Ils se sont fortement repliés en France, en Espagne et au Japon, tandis qu’ailleurs, dont en Suisse et en Australie, ils ont fait l’inverse. Les valeurs australiennes ont inscrit leur plus fort gain intraséance quand le gouvernement a annoncé un plan massif de sauvetage des emplois.



À surveiller cette semaine :

Canada

  • Mises en chantier de logements (mars)
  • Permis de construire (février)
  • Rapport sur l’emploi (mars)

États-Unis

  • Indices des prix à la consommation et à la production (mars)
  • Stocks des grossistes (février)
  • Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (avril)

Valeur des titres à la clôture hebdomadaire des marchés

INDICES BOURSIERS
Niveau Variation 1 semaine DDA 1 an 5 ans
      $ CA $ CA $ CA $ CA
S&P/TSX 12 938,30 + 250,56 + 1,97 % - 24,18 % - 20,53 % - 2,95 %
S&P 500 2 488,65 - 52,82 - 1,11 % - 16,06 % - 7,99 % + 6,24 %
DJIA 21 052,53 - 584,25 - 1,74 % - 19,61 % - 14,70 % + 5,90 %
FTSE 100 5 415,50 - 94,83 - 2,24 % - 27,87 % - 28,00 % - 6,00 %
CAC 40 4 154,58 - 196,91 - 6,29 % - 27,25 % - 22,58 % - 1,82 %
DAX 9 525,77 - 106,75 - 2,93 % - 25,08 % - 18,79 % - 2,37 %
Nikkei 17 820,19 - 1 569,24 - 7,61 % - 18,12 % - 10,42 % + 2,66 %
Hang Seng 23 236,11 - 248,17 - 0,09 % - 9,75 % - 16,65 % + 0,66 %
DEVISES
CA Variation
1 semaine DDA 1 an 5 ans
$ US 1,4171 + 0,0186 + 1,33 % + 9,09 % + 6,19 % + 2,57 %
Euro 1,5323 - 0,0260 - 1,67 % + 5,19 % + 2,22 % + 2,25 %
Yen 0,0131 + 0,0001 + 0,82 % + 9,27 % + 9,16 % + 4,48 %
Bons du Trésor canadiens Taux Variation PRODUITS DE BASE $ US Variation
3 mois 0,19 - 0,02 Pétrole 28,80 $ + 7,29 $
5 ans 0,59 - 0,05 Or 1 620,73 $ - 7,43 $
10 ans 0,71 - 0,03 Gaz naturel 1,50 $ - 0,20 $