Le REER souffle ses 60 bougies !

Pouvez-vous croire que le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) célèbre ses 60 ans ? Voici un survol de son passé et de ce que l’avenir lui réserve.

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Le gouvernement du Canada a instauré le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) il y a 60 ans. Aujourd’hui, la plupart des gens connaissent ce type de compte à imposition reportée, et pourtant, nombreux sont ceux qui n’en bénéficient pas.

Actuellement, 6 millions de Canadiens cotisent à un REER, alors qu’ils étaient 6,3 millions à le faire en 2007. Selon les plus récentes statistiques datant de 2015, ils n’ont toutefois pas utilisé leur droit de cotisation pour une valeur équivalant à un milliard de dollars. « Ça signifie qu’ils sont nombreux à ne pas profiter du REER », constate David Ablett, directeur général de la planification fiscale et successorale au Groupe Investors.

« En cette soixantième année d’existence, le REER a perdu de son lustre comme outil d’épargne comparé à d’autres stratégies de placement », explique-t-il. Les nouveaux venus, comme le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), lui ont fait ombrage jusqu’à un certain point, mais pour la plupart des Canadiens, cotiser à son REER demeure une façon fiable et fiscalement avantageuse de prolonger son mode de vie jusqu’à la retraite.

Un produit qui évolue

Le REER a été créé par le gouvernement libéral en 1957. À cette époque, la Sécurité de la vieillesse existait, mais pas le Régime de pensions du Canada ou le régime de rentes du Québec. D’abord nommée la Rente de retraite enregistrée, cette cotisation annuelle se limitait à 10 % du revenu, pour un maximum de 2500 $, et il n’était pas possible de reporter ses droits de cotisation inutilisés. De plus, seules les compagnies d’assurance vie offraient le produit.

« Son arrivée s’est faite sans tambour ni trompette », affirme M. Ablett. Ce n’est que dans les années 1960 et 1970 que les grandes banques ont commencé à offrir le REER. Et les Canadiens ne se sont pas empressés de l’adopter. En 1968, première année pour laquelle on a compilé des données sur les cotisations, seulement 1 contribuable canadien sur 50, c’est-à-dire 172 000 individus, possédait un REER. Les institutions financières ont alors commencé à en faire la promotion, notamment en introduisant l’idée de la saison des REER, et le nombre de cotisants a grimpé à 1,7 million.

C’est à partir de ce moment que la popularité du REER a commencé à monter en flèche. En 1987, près de 3,5 millions de Canadiens ont demandé une déduction pour une cotisation sur leur déclaration de revenus.

Depuis l’arrivée du REER, des changements significatifs y ont été apportés. En 1974, on a ajouté le REER de conjoint. En 1978, le Fonds enregistré d’épargne-retraite (FERR) est né.

Dans les années 1990, on a augmenté les droits de cotisation à 18 % du revenu de l’année précédente, la limite en dollars est passée à 11 500 $, et on a introduit l’allocation de report des droits pour permettre de différer ses droits de cotisation inutilisés pendant sept ans. En 1997, cette disposition a été éliminée et remplacée par un report indéfini de ces droits. Cette année-là, 6,2 millions de personnes ont cotisé à un REER, ce qui représentait 30 % de tous les contribuables.

Bien que le REER ne soit plus une nouveauté, il n’en demeure pas moins un véhicule d’épargne important pour beaucoup de Canadiens. Son principal avantage : la déduction fiscale pour l’année de cotisation.

Tirez davantage parti de votre REER

Bien que le REER ne soit plus une nouveauté, il n’en demeure pas moins un véhicule d’épargne important pour beaucoup de Canadiens. Son principal avantage : la déduction fiscale pour l’année de cotisation. C’est lorsqu’on retire de son REER qu’on est imposé. L’idée est d’y cotiser davantage quand nos revenus correspondent à une tranche d’imposition élevée – afin d’obtenir une déduction plus grande – et d’en retirer des fonds lorsqu’ils baissent à une tranche moins élevée. Selon M. Ablett, c’est pourquoi le REER est idéal pour ceux qui gagnent un gros revenu.

Les Canadiens qui travaillent à leur compte et qui ne bénéficieront pas de la rente d’une entreprise devraient aussi miser sur le REER. Les avantages fiscaux immédiats, combinés aux déductions que permet la déclaration des dépenses d’entreprise, rendent le travail autonome profitable. Bien des pigistes n’auront pas un revenu élevé à la retraite ; ils ne devraient donc pas avoir à payer beaucoup d’impôt à ce moment-là.

Ceux qui sont en début de carrière et ceux dont le salaire est faible auraient plutôt avantage à cotiser à un CELI. Si leur revenu augmente, ils pourront éventuellement transférer l’argent qu’ils y ont placé dans un REER afin d’obtenir un remboursement d’impôt.

Le REER, comme nous le connaissons aujourd’hui, constitue un instrument polyvalent pour de nombreux épargnants. Souhaitons qu’il continue de s’adapter aux besoins changeants des Canadiens. « Le gouvernement peut continuer à modifier le REER par-ci par-là comme il l’a fait durant toutes ces années, indique M. Ablett. Je crois toutefois que ce produit est et demeurera, pour la plupart des Canadiens, le meilleur instrument de placement pour générer du revenu et payer moins d’impôt. »

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