Ne léguez pas l’entreprise familiale

Bon nombre d’entrepreneurs espèrent que leurs enfants reprendront un jour leurs affaires; mais ce n’est pas toujours une bonne idée. Voici pourquoi il est préférable d’envisager d’autres options.

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Après avoir mis sur pied une compagnie à la sueur de leur front, certains entrepreneurs envisagent de la confier à leur conjoint(e) ou à leurs enfants. Souvent, ce n’est pas la meilleure stratégie, croit Michael Louie, associé chez D&H Group, une firme comptable de Vancouver. Lorsqu’un de ses clients est décédé, la femme de celui-ci a repris son commerce alors qu’elle ne connaissait rien à ce domaine, pas plus que leurs adolescents. L’ancien directeur des ventes a ouvert un magasin juste à côté du sien, volant sa clientèle et la forçant à fermer boutique moins de 18 mois plus tard.

Selon le Family Firm Institute, 30 % des entreprises familiales parviennent à rester en activité lorsqu’elles sont transmises à la seconde génération, et seulement 12 % perdurent jusqu’à la troisième.

Des histoires comme celle-ci, il y en a plusieurs. Selon le Family Firm Institute, 30 % des entreprises familiales parviennent à rester en activité lorsqu’elles sont transmises à la seconde génération, et seulement 12 % perdurent jusqu’à la troisième. De telles statistiques indiquent qu’il vaut sans doute mieux mettre son entreprise en vente. Ce qui est plus facile à dire qu’à faire. « Vendre n’est pas un acte méprisable, mais c’est perçu comme tel lorsqu’il s’agit d’une entreprise familiale. C’est comme si on jetait l’éponge », observe Andrew Pigott, directeur de la firme The Succession Bridge, à Oakville, qui accompagne les entrepreneurs dans la planification de leur succession.

Dans quelles circonstances doit-on vendre ?

« On croit souvent à tort qu’un héritier doit prendre les rênes d’une entreprise familiale simplement parce qu’il porte le même nom », constate Michael Louie. Mais si l’on possède une entreprise de construction, que nos enfants sont à l’université et qu’ils n’ont jamais tenu un marteau dans leurs mains ? Et ce n’est pas parce que notre neveu nous a aidé au bureau qu’il a la capacité de prendre plus de responsabilités ! Si l’industrie est en pleine transformation, que l’entreprise a besoin d’un investissement ou d’une importante restructuration pour demeurer compétitive, la nouvelle génération ne voudra sans doute pas hériter d’un tel risque, fait remarquer Michael Louie.

Envisager un compromis

Selon lui, il n’est pas toujours nécessaire de défaire entièrement sa famille de son entreprise. On peut envisager de la vendre en partie à un employé d’expérience ou à un partenaire, pour que nos enfants deviennent des associés passifs. Si l’on désire qu’elle demeure une propriété familiale, on peut confier la gestion des opérations quotidiennes à des professionnels. Dans ce cas, nos enfants devront tout de même posséder un certain sens des affaires, puisque ce sont eux qui devront prendre les grandes décisions. Andrew Pigott évoque le cas d’une entreprise qui a été dirigée pendant 10 ans par un directeur général, le temps que les enfants soient assez vieux et aient reçu la formation nécessaire pour reprendre le flambeau.

Communiquer ses intentions

Quand une vente partielle ou totale semble la meilleure option, il faut en parler avec les membres de sa famille et écouter leur avis. « Trop souvent, on ne discute pas de ces choses ouvertement », déplore Andrew Pigott. Évidemment, leur réaction peut être émotive, puisqu’il est question d’argent et que l’identité même de la famille est en jeu.

Si l’on choisit de vendre, on doit graduellement délaisser ses responsabilités. « Pour faire un bon profit, on ne doit surtout pas être indispensable », affirme Andrew Pigott. Il faut déléguer ses tâches à des employés, mettre par écrit le plus d’information possible (on a tout intérêt à ce que nos dossiers soient bien classés !) et créer des systèmes pour que les autres puissent s’y retrouver. Avant d’approcher un acheteur potentiel et de conclure une entente, mieux vaut demander l’aide d’un conseiller pour rationaliser notre système comptable et s’assurer que l’identité de notre marque est bien définie.

Assurer la postérité

Bien souvent, la principale raison de confier son entreprise aux membres de sa famille est d’assurer un héritage aux générations futures. En théorie, il leur suffit de bien la gérer pour avoir suffisamment d’argent pour les années à venir. Mais si on préfère la vendre plutôt que de la léguer à ses enfants, cela ne signifie pas qu’on est indifférent à leur sécurité financière : on peut aussi bien investir les profits que l’on aura faits.

Selon Andrew Pigott, il suffit de planifier pour s’assurer que l’argent gagné nous permette de vivre une belle retraite et que la prochaine génération puisse en bénéficier selon ses besoins et ses aspirations. Peu importe nos choix, mieux vaut demander conseil à un expert et tenir les membres de notre famille informés. Après avoir tant travaillé pour faire prospérer son entreprise familiale, on veut vivre une vie harmonieuse et sans regret.

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