Comment repérer les fausses nouvelles

Avant de cliquer sur un lien au titre accrocheur, demandez-vous s’il s’agit d’une vraie nouvelle.

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Nous n’avions jamais vraiment entendu parler de « fausses nouvelles » avant que le site d’actualités BuzzFeed révèle l’existence de sites web spécialisés dans la production de faux articles sur les élections américaines (visant majoritairement à miner les chances d’Hillary Clinton). En l’espace de quelques mois, cette expression s’est propagée. Tout comme les reportages se faisant passer pour des vrais.

Chaque année, des centaines de millions d’articles sont publiés sur les réseaux sociaux, ce qui représente beaucoup d’informations partagées par des amis qui ne savent pas toujours distinguer le vrai du faux. Et il suffit de tomber dans le panneau pour qu’on diffuse à son tour ces textes trompeurs.

Ce phénomène n’est pas aussi insignifiant qu’il en a l’air. Chaque année, des centaines de millions d’articles sont publiés sur les réseaux sociaux, ce qui représente beaucoup d’informations partagées par des amis qui ne savent pas toujours distinguer le vrai du faux. Et il suffit de tomber dans le panneau pour qu’on diffuse à son tour ces textes trompeurs.

Mais comment discerner le vrai du faux ? Il faut d’abord savoir ce qu’est une fausse nouvelle : il peut s’agir d’un reportage publié par un site créé dans l’unique but de faire des profits (comme ceux-ci, alimentés par des adolescents des Balkans) ou encore qui se donne l’apparence d’un organe de presse neutre, mais qui est commandité par un parti.

Des sites ultrapartisans, de droite et de gauche, publient également des articles qui déforment la réalité ou qui sont basés sur peu ou pas de faits du tout, afin de provoquer l’indignation, la panique et de s’enrichir au passage. Il peut aussi s’agir de mèmes, créés sans mauvaises intentions, mais véhiculant des idées trompeuses ou encore visant à induire le lecteur en erreur pour des motifs politiques.

On peut toujours se fier aux médias établis, comme RDI, La Presse et Le Devoir. Même s’ils peuvent aussi se faire duper, commettre une erreur ou avoir un parti-pris, ils ne diffusent pas volontairement de faux renseignements.

Tout le monde peut se faire berner, même ceux qui choisissent soigneusement les nouvelles qu’ils lisent. Voici quelques trucs pour repérer les fausses nouvelles et devenir un lecteur critique.

Au-delà des apparences

Selon Iana Georgieva, bibliothécaire à la Librairie publique de Toronto, on ne peut pas démasquer un site qui publie de fausses nouvelles uniquement par son apparence. Plusieurs ont d’ailleurs une esthétique aussi professionnelle que les organes de presse établis. « Même les organisations partisanes et les groupes de propagande peuvent avoir un site web de qualité », prévient celle qui a été formée pour évaluer les sources d’informations.

S’il s’agit d’un site que vous n’avez jamais consulté auparavant, mieux vaut faire quelques recherches. Par exemple, vérifiez si l’auteur a publié d’autres articles en tapant son nom dans Google. Tentez de trouver qui est à l’origine du site : est-ce une organisation qui existe réellement ? Comme le suggère Iana Georgieva, posez-vous quelques questions : « Quel est le contexte ? Est-ce uniquement l’opinion d’une personne ? Est-ce une enquête journalistique qui repose sur une recherche, des sources et qui présente une diversité de points de vue ? »

Lee Watanabe Crockett, auteur et spécialiste des médias de Vancouver, conseille également de porter attention à la manière dont l’article est rédigé. « Il y a une grande différence entre les opinions et les faits. J’encourage les lecteurs à être sensibles à la tournure du texte. C’est une chose que d’avoir une opinion et de l’exprimer. C’en est une autre que de la présenter comme une réalité objective. »

Trop beau pour être vrai

Méfiez-vous également des discours qui épousent un peu trop parfaitement votre vision du monde ou qui provoquent de l’indignation simplement pour créer une réaction. Tous les reportages qui suscitent des émotions ne sont pas faux, mais s’ils semblent trop beaux pour être vrais, ils le sont probablement. Pour éviter de tomber dans le piège des fausses nouvelles, Iana Georgieva recommande de lire beaucoup et de discuter avec des gens qui ont différents points de vue.

Selon Lee Watanabe Crockett, il est aussi important de se demander comment on sait que c’est la vérité. Ce professeur d’initiation aux médias demande à ses étudiants de penser à des lectures qu’ils ont faites, puis de se demander comment ils ont su que c’était véridique. Se poser ces questions permet d’avoir un regard critique et un certain recul face aux nouvelles et de ne plus les considérer automatiquement comme des faits incontestables auxquels on réagit en les publiant sur les réseaux sociaux.

Facebook à la rescousse ?

On a beaucoup critiqué Facebook pour avoir permis la diffusion de fausses nouvelles. Mais il y a une lueur d’espoir, puisque le réseau social vient d’adopter des mesures permettant de mieux les repérer et d’éviter leur propagation. Depuis peu, certains utilisateurs ont accès à une nouvelle fonction permettant de signaler les articles douteux. Ceux-ci sont alors soumis à des organisations tierces qui se sont engagées à respecter un code international de principe de vérification des faits. S’ils sont jugés comme de « fausses nouvelles », l’étiquette « Contesté » apparaîtra chaque fois qu’on voudra les partager.

Il est amusant de publier des articles sur les réseaux sociaux, mais on doit tous se demander à quel point on exerce son sens critique pour évaluer leur véracité. « Nous traversons une profonde crise qui remet en question notre capacité de traiter les nouvelles ; mais c’est aussi un catalyseur, qui nous a permis de sonner l’alarme, lance Iana Georgieva. Nous devons retourner aux principes de base de l’information. »

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