Comment peut-on retirer d’un REEE ?

Vous y avez cotisé pendant des années, maintenant c’est le temps de retirer l’argent épargné. Voici comment profiter au maximum de votre REEE.

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L’année scolaire tire bientôt à sa fin, mais si votre enfant termine cette année ses études secondaires ou collégiales, peut-être songez-vous déjà au mois de septembre, alors qu’il entrera au cégep ou à l’université. S’il prévoit étudier loin de la maison, sans doute vous souciez-vous de l’endroit où il vivra et de la manière dont il s’alimentera. Mais votre plus grande préoccupation est certainement de savoir comment payer les coûteux frais de scolarité.

Heureusement, si vous avez investi assidûment dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE), vous devriez disposer des sommes nécessaires pour couvrir la plupart, sinon la totalité, des coûts. Mais après avoir épargné pendant tant d’années, peut-être ignorez-vous comment puiser dans ces fonds, d’autant plus qu’il s’agit d’un processus qui peut s’avérer plus complexe qu’il n’y paraît. Voici la meilleure façon de retirer d’un REEE et à quoi cet argent peut servir.

Quels sont les projets de votre enfant ?

Tout d’abord, déterminez avec votre enfant la durée approximative des études qu’il aimerait entreprendre. À partir du jour de son ouverture, un REEE peut être actif pendant 35 ans. Il est donc inutile de vous presser pour en retirer les fonds. Si votre enfant vise un bac de trois ou quatre ans, utilisez l’argent pendant cette période. S’il veut faire des études de médecine, faites des retraits étalés sur plusieurs années. « Il n’est pas nécessaire d’encaisser la totalité de votre REEE d’un seul coup », précise Sara Kinnear, directrice de la Planification fiscale et successorale au Groupe Investors.

Si votre enfant peut compter sur une autre source d’argent pour financer ses études, par exemple une bourse ou des économies réalisées grâce à un emploi d’été, vous pourriez décider de ne puiser qu’une petite somme ou même d’attendre avant de faire un retrait. Si le but ultime est de payer la totalité de sa scolarité, il est possible que, selon le montant du REEE et la durée de ses études, vous deviez avoir recours à d’autres types de financement. « Pensez aux ressources sur lesquelles vous pouvez compter et jusqu’à quel point vous pouvez vous permettre ces dépenses », poursuit Sara Kinnear.

N’oubliez pas l’impôt

Puiser dans un REEE nécessite également une certaine planification fiscale. Trois types de fonds le composent : l’argent que vous y avez déposé (les « cotisations »), des bons et des subventions gouvernementales, ainsi que le revenu ou les gains générés par ces placements. S’il est possible de retirer les cotisations sans payer d’impôt, ce n’est pas le cas de la part subventionnée et des intérêts qui sont imposables pour le bénéficiaire.

Puisqu’à son âge votre enfant ne touche sans doute pas un salaire très élevé, cette portion imposable ne représente sûrement pas beaucoup d’argent et peut-être qu’il n’aura même pas d’impôt à payer. Par contre, s’il a mis ses études en veilleuse pour travailler à temps plein ou s’il a commencé sa résidence en médecine et qu’il gagne désormais un bon salaire, le fisc pourrait frapper à sa porte.

Heureusement, il est possible de décider du type de fonds que l’on souhaite retirer. Si votre enfant risque de gagner un salaire avant même d’avoir extrait tout l’argent de son REEE, il serait avantageux de puiser dans la portion subventionnée et les intérêts tandis qu’il est encore dans la tranche d’imposition inférieure. Dans le cas contraire, l’ordre importe peu.

Équilibrer investissement à court et à long terme

Il est complexe d’investir durant la période de décaissement. Pour le faire, vous aurez besoin de liquidités, mais si votre enfant prévoit faire de longues études, vous devrez également vous assurer de la croissance des fonds.

Tout retrait immédiat devrait être transféré dans des placements à court terme comme les fonds de marché monétaire ou les certificats de placement garanti (CPG), qui sont des produits d’investissement dont la valeur ne fluctue pas. Par exemple, dans les mois précédant l’entrée de votre enfant à l’université, placez l’argent dont vous pouvez vous passer pendant sa première année scolaire. Puis, une fois ses études entamées, investissez les fonds nécessaires pour sa deuxième année dans d’autres placements à court terme, et ainsi de suite. En procédant ainsi, vous serez assuré que l’argent dont vous pourriez avoir besoin dans l’immédiat est à l’abri de la volatilité des marchés.

Quant à l’argent dont vous pouvez vous passer pendant plusieurs années, investissez-le dans une combinaison de fonds communs de placement, d’actions et d’obligations. « Plus il est question de court terme, plus vous devriez opter pour un profil de placement conservateur, prévient Sara Kinnear. Par contre, si votre enfant a entamé des études qui dureront huit ans, alors vous pouvez être plus audacieux avec certains éléments de votre actif. » Elle suggère de consulter un conseiller financier pour savoir quel niveau de risque vous pouvez vous permettre.

Votre enfant ne compte pas poursuivre ses études ?

Si votre enfant décide de ne pas terminer sa scolarité, Sara Kinnear recommande d’attendre le plus longtemps possible avant de retirer les fonds du REEE, au cas où il changerait d’avis. Vous pourriez également transférer cet argent dans le régime d’un autre enfant. Toutefois, le montant total de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) versé à un nouveau bénéficiaire grâce aux Paiements d’aide aux études (PAE) ne peut dépasser la somme de 7200 $.

Si, au final, vous décidiez de retirer des fonds du REEE pour d’autres fins que les études de votre enfant, sachez que le gouvernement reprendra le montant de sa subvention. Quant au revenu généré par la croissance des placements, il vous sera imposé à titre de souscripteur du régime et pourrait éventuellement faire l’objet de pénalités.

De toute évidence, retirer des fonds n’est pas aussi simple et facile que vous pourriez le croire. Consultez un conseiller pour déterminer l’approche qui conviendrait le mieux à votre famille.

 

La Subvention canadienne pour l’épargne-études et le Bon d’études ‭canadien (BEC) sont offerts par le gouvernement du Canada. ‭L’admissibilité au BEC dépend du revenu familial. Certaines provinces offrent des subventions pour l’épargne-études à leurs ‭résidents.

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