Un écran même à l’école

De nombreux parents ont du mal à empêcher leurs enfants de passer trop de temps devant un écran. Et il est encore plus difficile d’établir des règles lorsqu’on en trouve même dans les écoles...

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C’est une véritable tendance : de plus en plus d’écoles canadiennes ont recours aux tablettes électroniques et aux téléphones intelligents comme outil pédagogique. L’utilisation des technologies en classe ne date pas d’hier, mais maintenant que ces appareils y sont autorisés, les parents ont encore plus de mal à convaincre leur enfant de passer moins de temps devant un écran.

« Ça peut devenir problématique, affirme Matthew Johnson, directeur de l’éducation pour HabiloMédias, un organisme dédié à la littératie numérique et médiatique. Plus les élèves vieillissent, moins ils ont l’occasion de dépenser de l’énergie à l’école. C’est pourquoi ils ne devraient pas passer trop de temps devant un écran, une fois à la maison. »

Par contre, s’il y a un endroit où les enfants devraient pouvoir se retrouver devant un écran, c’est bien à l’école : les plus jeunes apprennent en jouant à des jeux éducatifs tandis que les plus vieux peuvent faire leurs recherches à partir d’une tablette ou d’un ordinateur.

« Si on s’en sert intelligemment, ces appareils peuvent être très utiles pour enseigner un bon nombre de matières », poursuit Matthew Johnson. Selon lui, la réalité des élèves devrait se refléter en classe, du moins en partie, et les écrans en font partie.

Carla Anderson, mère de deux enfants résidant à Kingston, partage cet avis : « Les manuels et les encyclopédies que nous avions étaient vraiment vieux… Aujourd’hui, les élèves peuvent accéder instantanément à des informations qui sont à jour. Pourquoi voudrait-on les en priver ? »

Le problème, c’est que les enfants qui se servent d’une tablette électronique à l’école désirent aussi pouvoir jouer avec une fois à la maison. Devrait-on les y autoriser en sachant qu’ils ont déjà passé la journée sur ce petit écran ?

Trop de temps devant l’écran ?

Le problème, c’est que les enfants qui se servent d’une tablette électronique à l’école désirent aussi pouvoir jouer avec une fois à la maison. Devrait-on les y autoriser en sachant qu’ils ont déjà passé la journée sur ce petit écran ?

Les Canadiens restent beaucoup trop de temps devant un écran : en moyenne près de sept heures par jour selon Statistique Canada. La Société canadienne de pédiatrie recommande que les enfants entre 5 et 18 ans n’y consacrent pas plus de deux heures par jour.

Il y a d’abord les préoccupations concernant le type de contenu qu’on trouve sur Internet et l’impact des écrans sur le sommeil (on devrait éviter de regarder ceux-ci au moins deux heures avant de se coucher, car la lumière bleue qu’ils diffusent trouble les rythmes circadiens et peut causer de l’insomnie). Mais l’effet le plus néfaste est que ces appareils éclipsent les activités physiques, créatives et sociales. Plus les enfants avancent en âge, moins ils consacrent de temps à l’activité physique au sein de l’école, il faut donc s’assurer qu’ils ne passent pas trop de temps assis avec leur tablette ou à leur bureau. « L’ennui avec la technologie, ce n’est pas les écrans en tant que tels, c’est plutôt l’inactivité », observe Matthew Johnson.

L’éducation avant tout

Alors, que devraient faire les parents ? Bien que Carla Anderson ne voie aucun mal à ce qu’on utilise les tablettes en classe, selon elle, c’est du cas par cas. Son fils aîné ne passe pas beaucoup de temps en ligne, alors elle ne lui impose aucune règle, tandis qu’elle surveille l’usage que son plus jeune fait de la tablette. Elle ne limite pas son temps : s’il apprend quelque chose d’utile, il peut continuer. Sinon, il doit trouver autre chose pour s’occuper.

« Il est fou des sciences, il apprend énormément de choses en regardant des vidéos sur YouTube, et je suis à l’aise avec ça, confie-t-elle. Mais s’il passe trop de temps à jouer à des jeux, je lui propose d’autres activités. »

Selon Matthew Johnson, les parents ont avantage à s’informer de l’usage que font leurs enfants de ces appareils à l’école. Si ce n’est pas vraiment à des fins pédagogiques, alors peut-être devraient-ils passer moins de temps devant un écran à la maison.

« Il faut surtout s’assurer que les jeunes enfants, qui sont à la garderie ou à la prématernelle, n’y soient pas exposés trop longtemps, explique-t-il. Pour les plus vieux, il faut davantage questionner l’usage qu’ils en font. Développent-ils leur créativité, sont-ils en contact avec le monde à l’extérieur de la classe, à moins qu’ils améliorent leur compétence en littératie numérique ? »

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