L’étiquette d’un repas d’affaires

Pourquoi il vaut mieux avoir de bonnes manières lorsqu’on mange en compagnie de clients.

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Manger la bouche ouverte. Jouer avec ses couverts ou sa serviette de table. S’adresser familièrement au serveur. Il y a quelques années, une équipe des ventes de Bay Street, à Toronto, avait ce genre de comportements à table. C’était avant de rencontrer Linda Allan, consultante en gestion et spécialiste de l’étiquette en affaires.

C’est le vice-président des ventes de l’entreprise qui a fait appel à ses services après que la haute direction lui a dit de « régler le problème au plus vite », craignant que le manque de savoir-vivre de ses employés puisse leur faire perdre des clients. Linda Allan a amené ces frustes mangeurs au restaurant et leur a enseigné les bases de la bienséance, des sujets de conversation au choix du bon couvert.

Depuis cette leçon d’étiquette, ils ont des échanges beaucoup plus fluides avec leurs clients lorsqu’ils ont un repas d’affaires. Impossible de savoir si leurs nouvelles bonnes manières ont eu un effet direct sur la hausse des ventes, mais elles ont certainement contribué à créer une ambiance plus agréable pour consolider des relations.

Les bonnes manières peuvent faire la différence entre un marché conclu ou non.

Au cours d’une carrière, on peut être tenu de prendre part à de nombreux repas d’affaires, d’où l’importance de savoir à quel point les bonnes manières peuvent faire la différence entre un marché conclu ou non. « L’étiquette à table est essentielle pour quiconque est en relation directe avec un client, soutient Linda Allan. Il faut projeter une image qui soit à la fois raffinée et professionnelle. »

Un repas d’affaires qui s’est bien déroulé peut entraîner des ventes ou de nouveaux clients, impressionner le patron ou même assurer un emploi. On oublie qu’un restaurant peut devenir le prolongement de son bureau, surtout si on a l’habitude de le fréquenter avec ses enfants ou des amis. Voici les principaux conseils à retenir pour une rencontre réussie.

Ne parlez pas la bouche pleine

Ne parlez jamais, au grand jamais, la bouche pleine, même si quelqu’un vous pose une question. « Ceux qui n’ont pas appris cette règle lorsqu’ils étaient enfants ont tendance à l’oublier », observe Linda Allan. La serviette de table est aussi étonnamment importante : vous devez attendre que votre hôte la place sur ses cuisses au début du repas pour l’imiter. Si vous devez quitter la table un instant, ne la déposez pas sur celle-ci, mais plutôt sur votre chaise – personne ne souhaite voir une serviette sale en mangeant. Après le repas, laissez-la repliée à côté de votre assiette.

Évitez l’alcool et la politique

Il n’y a pas de mal à prendre un verre avec un client, mais il est préférable de le faire après le travail. Évitez l’alcool à l’heure du dîner, recommande Sharon Schweitzer, une experte de la bienséance selon les différentes cultures, basée à Austin, au Texas. D’ailleurs, certaines entreprises ont une politique de non-consommation d’alcool pendant les repas. Si vous commandez un verre, limitez-vous à un seul, et assurez-vous d’obtenir d’abord le feu vert de votre hôte. Le repas devrait débuter et se conclure par une conversation légère. Attendez d’avoir terminé de manger avant d’aborder les questions importantes et restez loin des sujets délicats comme la politique, le sexe et la religion. « Votre objectif principal est d’éviter tout malaise », affirme Sharon Schweitzer.

L’hôte donne le ton

« Les gens pensent qu’être l’hôte se résume à lancer une invitation. Mais ce n’est pas le cas », explique Linda Allan. Si vous invitez, vous devez aussi choisir le restaurant (ou proposer quelques options) et faire la réservation. Lorsque le serveur vous escorte jusqu’à votre table, vous devez vous tenir derrière vos invités. C’est également vous qui devez payer la note. Pendant la majeure partie du dîner, assurez-vous d’animer et de diriger subtilement la conversation, de même que la cadence et la durée du repas, poursuit l’experte.

Par exemple, vous pouvez annoncer ce que vous prévoyez prendre sur le menu, pour donner une idée à vos invités de ce qui est approprié pour eux de commander. (Ce qui ne fonctionne pas toujours : Linda Allan raconte qu’un jour où elle avait choisi une salade-repas, ses invités ont tout de même insisté pour avoir une entrée et un dessert.) En contrepartie de ses efforts, l’hôte bénéficie d’un certain laps de temps pour présenter une nouvelle gamme de produits, faire une proposition ou même son autopromotion.

Les invités suivent la cadence

Si vous êtes l’invité, vous n’avez pas à payer le repas, mais en retour vous devez laisser l’hôte vous guider. Assurez-vous d’être bien préparé : d’abord en portant une tenue appropriée et en étant ponctuel (planifiez votre trajet jusqu’au restaurant). Commandez modestement afin d’éviter que l’on vous serve un festin alors que les autres ne prennent qu’une bouchée. « Ce n’est pas le dernier repas que vous mangerez », lance Sharon Schweitzer. De plus, laissez votre hôte diriger la conversation. « Lorsqu’on est invité, on a tendance à vouloir divertir ou à se montrer intéressant et on finit par trop parler », soutient Linda Allan. Habituellement, l’hôte a un ordre du jour à suivre. Vous n’êtes pas obligé d’acheter ce qu’il vend, mais vous devez écouter sa proposition.

Lorsqu’un repas d’affaires est réussi, les gens se sentent à l’aise et sont de retour au bureau à une heure raisonnable après avoir accompli un peu de travail. Soyez poli, placez correctement votre serviette de table et faites votre possible pour que chacun soit satisfait de cette rencontre.

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