En cas d’urgence

La majorité des Canadiens n’ont pas d’argent de côté pour les imprévus. Heureusement, créer un fonds d’urgence n’est pas une mission impossible. Voici ce que vous devez faire.

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Chaque fois que Mark Perkins remarque qu’il a un petit surplus à la banque à la fin du mois, il s’empresse de le transférer dans un compte épargne réservé aux imprévus. En l’espace de 6 ans, cet homme qui vit à Toronto avec son épouse et ses 3 filles est parvenu à y accumuler un montant de 30 000 $. « Nous voulons avoir suffisamment d’argent dans l’éventualité où l’un d’entre nous perdait son emploi ou s’il y avait une série de réparations à faire à la maison, parce que les choses semblent toujours briser au même moment », explique-t-il.

Ce que fait Mark Perkins, peu de Canadiens le font. Selon un sondage réalisé en 2015 par la firme Pollara Strategic Insights, 44 % des Canadiens ont moins de 5000 $ en réserve pour les dépenses imprévues et un quart vivent en attendant leur prochain chèque de paie, sans avoir d’économie.

« Nous remarquons que de plus en plus de gens n’ont pas d’argent pour les imprévus : il suffit qu’ils perdent leur emploi pour se retrouver en difficulté financière, affirme Laurie Campbell, directrice générale de Credit Canada Debt Solutions, un organisme à but non lucratif. Oui, c’est difficile d’épargner, mais ça l’est encore plus de se retrouver endetté parce qu’on n’a pas su prévoir. »

Les imprévus peuvent survenir à tout moment, que ce soit un toit qui coule ou un proche qui tombe malade. Voilà pourquoi nous devrions tous avoir un coussin en cas d’urgence. N’empêche que la plupart des gens ne savent pas combien d’argent mettre de côté, ni même comment épargner.

Les imprévus peuvent survenir à tout moment, que ce soit un toit qui coule ou un proche qui tombe malade. Voilà pourquoi nous devrions tous avoir un coussin en cas d’urgence. N’empêche que la plupart des gens ne savent pas combien d’argent mettre de côté, ni même comment épargner. Voici quelques conseils pour vous aider à y parvenir.

Combien ?

Idéalement, vous devriez avoir dans votre fonds d’urgence l’équivalent de trois à six mois de salaire. « Si vous perdez votre emploi, c’est environ le temps que vous devrez consacrer à en trouver un autre », explique Laurie Campbell. Selon Stephanie Holmes-Winton, auteure de Defusing The Debt Bomb, on devrait prévoir à tout le moins suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins essentiels comme manger et se loger. « C’est le minimum dont on a besoin pour vivre », précise-t-elle.

Payez-vous d’abord

Mark Perkins est parvenu à mettre de l’argent de côté en transférant de simples surplus dans un fonds d’urgence, mais Laurie Campbell suggère plutôt d’y placer une petite somme chaque mois. Par exemple, vous pouvez alimenter votre compte épargne en prévoyant un virement automatique le jour du dépôt de votre chèque de paie. Certains employeurs acceptent même de verser une partie de celle-ci dans des obligations d’épargne du Canada.

Gérez les bonus

Si vous recevez une somme inattendue (comme un bonus au travail ou un remboursement d’impôt), ne la dilapidez pas en vacances ! Divisez plutôt cet argent : une partie pour votre fonds d’urgence, une autre pour vos REER, et faites-vous plaisir avec le reste. « C’est plus satisfaisant de voir le résultat de ses efforts que de dépenser l’argent d’un coup », fait valoir Laurie Campbell.

Méfiez-vous du crédit

Certains croient à tort qu’un fonds d’urgence n’est pas nécessaire si l’on dispose d’une marge de crédit. « En ayant recours à votre marge de crédit, vous prenez le risque de vous endetter et tout ce que vous achèterez sera plus cher à cause de l’intérêt », prévient Laurie Campbell. Si vous ne vous méfiez pas de l’endettement, celle-ci peut faire boule de neige et vous pousser à employer d’autres formes de crédit comme les cartes, qui peuvent être extrêmement coûteuses. Il vaut toujours mieux payer les urgences en argent comptant.

Jusqu’ici, Mark Perkins n’a pas eu à retirer de l’argent de son fonds d’urgence. N’empêche que les quelques fois où ils ont été plus juste dans leur budget, son épouse et lui ont été rassurés d’avoir ce coussin. Et si leur toit se met à couler ou que le vieil arbre dans la cour doit finalement être abattu, ils n’auront pas à se serrer la ceinture, ni à stresser, ni à payer des intérêts.


Qu’est-ce qu’une « urgence » ?

Une urgence est une dépense pressante, nécessaire et hors du commun, explique Laurie Campbell. En voici quelques exemples (et, n’y pensez pas, un voyage de dernière minute à Las Vegas avec vos amis n’est pas une urgence !).

Un nouveau toit : De 8000 à 14 000 $

Une intervention d’urgence chez le vétérinaire : De 1000 à 4000 $

Un billet d’avion de dernière minute : 600 $ (aller simple)

Une nouvelle fournaise : De 2500 à 5000 $

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