Choisir une maison de la bonne dimension

Voir grand n’est pas nécessairement gagnant. De récentes recherches démontrent que les gens sont plus heureux dans des espaces adaptés à leurs besoins.

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Au moment de rénover notre maison, ma famille et moi avons dû prendre une difficile décision : conserver la salle de bain qui servait aussi de salle de lavage au rez-de-chaussée, la transformer en une simple toilette, ou la supprimer entièrement. Plus cette pièce serait petite, plus notre cuisine serait grande. Et nous pourrions toujours installer la laveuse et la sécheuse au sous-sol que nous nous apprêtions aussi à aménager.

Il y a des avantages à avoir une salle de bain au rez-de-chaussée, mais nous habitons une petite maison au centre-ville, qui dispose de très peu d’espace de rangement. Éliminer cette pièce nous a permis d’ajouter un comptoir et des armoires à la cuisine. Nous avons maintenant au total deux salles de bains et un coin buanderie au sous-sol, ce qui nous convient amplement.

Nous ne le savions pas encore, mais nos rénovations reflétaient une toute nouvelle tendance : la grandeur n’importe plus. « L’idée c’est d’optimiser l’espace, affirme Kim Watt-Senner, présidente de Everything is Organized, une compagnie d’aménagement intérieur basée à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Selon elle, avec l’augmentation du prix de l’immobilier, les gens accordent moins d’importance aux dimensions et préfèrent des habitations qui répondent à leurs besoins. Ils ont cessé de voir grand. Plutôt que de considérer le nombre de pieds carrés, ils cherchent une maison bien aménagée qui améliorera leur qualité de vie.

Les gens ont cessé de voir grand. Plutôt que de considérer le nombre de pieds carrés, ils cherchent une maison bien aménagée qui améliorera leur qualité de vie.

Heureux chez soi

Au milieu des années 2000, la superficie moyenne des habitations canadiennes était d’environ 2300 pi2, un chiffre qui n’a cessé de décliner depuis. Le prix de l’immobilier a contribué à l’engouement pour les petites maisons et les micros condos, mais des recherches ont également démontré que posséder une grande résidence n’était pas un gage de bonheur.

« Les gens désirent vivre mieux avec moins », poursuit Kim Watt-Senner. Avoir une grosse maison, dotée d’une grande cour et de garages, est coûteux à chauffer et à entretenir, et cela nous empêche de socialiser avec notre voisinage. Sans compter que, plus on a d’espace, plus on s’encombre de choses inutiles.

En 2011, une étude de l’Université de la Colombie-Britannique révélait qu’on avait plus de chance d’être heureux en vivant des expériences et en partageant avec les autres qu’en possédant des biens. Et n’oublions pas que, bien souvent, les grandes maisons ne sont pas à proximité des lieux de travail. Selon une autre étude britannique, chaque minute passée sur la route augmente notre insatisfaction et notre anxiété.

Que vous songiez à faire des rénovations ou à déménager, il est possible d’aménager un lieu favorisant les expériences positives et le bien-être. Assurez-vous qu’il y ait un coin pour trier votre lessive et un espace extérieur (l’air frais peut avoir plus d’impact sur votre vie quotidienne qu’une luxueuse déco).

Créez des espaces utilitaires

Une étude de l’Université de Californie à Los Angeles a analysé comment 32 familles vivaient dans leur maison et a démontré qu’elles n’occupaient, sur une base régulière, que 400 pi2 sur 1000. Avant de faire des rénovations ou de déménager, notez pendant deux semaines dans quelles pièces les membres de votre famille passent le plus de temps. Sont-ils enclins à déserter l’une d’entre elles et à faire trois ou quatre activités dans l’autre ?

Selon l’architecte torontoise Lara MacInnis, les salons, les salles à manger et les chambres très spatieuses des maisons unifamiliales actuelles ont tendance à prendre la poussière. Kim Watt-Senner observe, quant à elle, que les enfants et les adolescents passent beaucoup de temps au sous-sol, mais que les couples sans enfant y mettent rarement les pieds.

C’est le genre d’information qui peut être utile si vous planifiez décorer, rénover ou acheter une maison. S’il n’y a pas de déménagement en vue, transformez une section inutilisée de votre chambre en bureau ou en espace de rangement. Agrandissez la cuisine (qui, selon Lara MacInnis, ne sera jamais trop grande) en empiétant sur la salle à manger que vous utilisez peu.

En planifiant des extensions pour des clients, Lara MacInnis a réalisé que peu d’espace supplémentaire est nécessaire pour ajouter une chambre ou un bureau qui fera la différence. Pour les usages occasionnels, on peut avoir recours à des tables extensibles, des chaises et des lits pliants. Selon elle, investir dans de bons meubles est moins cher que déménager ou rénover sa maison.

Une habitation sur mesure

Pour optimiser votre demeure, Kim Watt-Senner conseille d’évaluer l’espace dont vous avez besoin, de même que vos valeurs. « Les décisions devraient être prises en fonction de ce qu’il vous faut pour être heureux et avoir du succès, aussi bien en tant qu’individu que pour votre famille », affirme-t-elle.

Peut-être qu’en vivant dans une plus petite maison en milieu urbain vous ferez davantage d’activités culturelles ; les enfants pourront toujours dormir sur un matelas gonflable lorsqu’ils viendront vous rendre visite. Peut-être qu’un condo vous suffira amplement et vous permettra de voyager plus souvent. Une grande maison peut valoir l’investissement si vous aménagez le sous-sol pour recevoir un parent âgé ou un étudiant universitaire.

C’est en réévaluant ses propres valeurs que Kim Watt-Senner a choisi d’opter pour une propriété sur le bord de l’eau, à la campagne où les terrains sont plus abordables. Lorsque son mari prendra sa retraite, elle compte franchiser sa compagnie afin d’avoir plus de temps pour prendre soin de leurs sept chevaux. « On aime la vie de ranch », confie-t-elle.

En fin de compte, pour trouver la superficie qui nous convient, il faut parfois laisser tomber des idées préconçues. « Certaines personnes sont conscientes qu’elles n’utilisent pas tout l’espace à leur disposition, mais elles s’accrochent à leur statut social », croit Lara MacInnis. Il faut savoir lâcher prise. Dans notre cas, c’était la salle de lavage du rez-de-chaussée… et la table de ping-pong du sous-sol rarement utilisée. Quoi qu’il en soit, il y a un bonheur à ne pas posséder tout, mais juste assez.

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