L'école de l'humour

L'odyssée de Boucar Diouf nous entraîne de la torride savane africaine au glacial estuaire du Saint-Laurent, de la salle de cours à la salle de spectacle.

test

Il était une fois, au Sénégal, un petit garçon qui s’appelait Boucar et, qui, quand il n’usait pas ses culottes courtes sur les bancs d’école ou ne faisait pas de pitreries pour faire rire sa fratrie, ne pensait qu’à une chose : faire un doctorat ! Parce que dans la famille Diouf, on ne rigole pas avec l’éducation.

Est-ce le criant manque d’eau sur le continent africain qui est à la source du thème de son doctorat ? Toujours est-il qu’en 1991 c’est à l’UQAR qu’atterrit un Boucar Diouf frigorifié dans son boubou, pour faire son doctorat en océanographie. Parallèlement, il enseigne la bio à de futurs scientifiques hilares. Pas très courant, en effet, ce prof comique, qui émaille son discours de proverbes, et rend la matière, un iota aride, désopilante. En 2003, pour le défier gentiment, ses étudiants l’inscriront aux Auditions Juste pour rire. Pari gagné ! Il remporte la première place et, jusqu’en 2007, mène une double vie : universitaire, le jour ; saltimbanque, le soir. Puis, il a fallu choisir. Avait-il peur de faire le grand saut ? « Pourquoi dois-tu échanger ce présent parfait pour un futur incertain ? » s’est-il demandé.

« Pourquoi dois-tu échanger ce présent parfait pour un futur incertain ? »

Qu’importe, il troque son mortier contre le bonnet du fou du roi. Il y aura bien l’un de ses frères pour le trouver zinzin, mais tant que Caroline (sa belle Gaspésienne, maman de ses deux petits moussaillons) le soutient, ainsi que ses collègues et amis, il monte dans l’autobus du showbusiness. Empruntera-t-il la même voie qu’une foule de comiques en allant à l’École de l’humour ? Quand on possède un bagage de trentenaire, une tête de scientifique et un cœur de poète, on s’élève autrement. Est-ce la mer à boire de faire sa place dans l’univers homogène de l’humour québécois, lorsqu’on traite de tolérance ou d’intégration culturelle ? « Ils ont été nombreux à se demander, “ kissé ” ça ? » de s’esclaffer Boucar.

Aujourd’hui, ils sont nombreux à apprécier son genre d’humour « pure laine de mouton noir ». Et l’humoriste-conteur-écrivain-conférencier (qui rêve de jouer, un jour) récolte, non pas des peanuts comme son papa Amath, mais bien les honneurs. Entre autres, ses deux premiers spectacles D’hiver Cités et L’Africassé-e lui valent deux nominations au Gala Les Olivier, et sa contribution au rapprochement culturel, le prix Jacques-Couture. En plus de coanimer, de 2007 à 2012, Des kiwis et des hommes, à la SRC, Boucar trouve le temps de publier trois ouvrages et de s’investir dans une foule de causes. S’ennuie-t-il parfois de l’enseignement ? « Le côté vrai et durable des relations qu’on tisse avec les étudiants me manque, car le spectacle est un milieu de solitaires dans la foule. » Sinon, il est heureux comme un poisson dans l’eau.

boucar-diouf.com

vous avez des questions?

Nos conseillers examineront vos objectifs financiers et vous aideront à trouver comment les réaliser.

trouver un conseiller