Le chasseur de virus


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Le chasseur de virus


Frank Plummer, un des principaux médecins qui œuvrent à éradiquer les maladies, protège l'humanité contre des infections mortelles.

Lorsque le SRAS – syndrome respiratoire aigu sévère – a débarqué au pays, c’est le Dr Frank Plummer qu’on a appelé en premier. À titre de conseiller scientifique principal de l’Agence de la santé publique du Canada et directeur général scientifique du Laboratoire national de microbiologie (LNM) à Winnipeg, on l’a chargé de mener l’offensive contre l’épidémie.

Comme le SRAS se propageait à tout le territoire, le Dr Plummer devait réagir rapidement. Pour s’attaquer au problème, il a formé une équipe de chercheurs scientifiques, dont Adrienne Meyers qui travaillait à l’époque au LNM pour son doctorat. « On ne savait pas encore ce qu’était ce virus », déclare Mme Meyers, aujourd’hui professeure auxiliaire au département de microbiologie médicale de l’Université du Manitoba. Les tests ne permettaient pas d’identifier le virus. « Toutefois, on savait déjà que c’était du jamais-vu », précise-t-elle. Le Dr Plummer et son équipe ont dû cultiver des échantillons et observer les comportements de cet inconnu. Ils sont restés au labo 17 jours consécutifs.

Sous la direction du Dr Plummer, le LNM – labo de calibre international qui, entre autres, étudie et analyse certains des virus les plus mortels du monde – a collaboré avec 10 autres établissements de la planète afin de maîtriser le SRAS. Mme Meyers attribue le succès de l’équipe à l’approche collaborative du Dr Plummer et à son talent naturel pour coordonner le travail d’un groupe. « Il arrive à examiner en détail toutes les facettes d’un problème, tout en conservant une vue d’ensemble », ajoute-t-elle.

On connaît surtout le Dr Plummer parce qu’il a réussi à maîtriser le SRAS, pourtant cette victoire n’est qu’une des nombreuses réalisations de ce médecin de renommée mondiale.

Aujourd’hui, on connaît surtout le Dr Plummer parce qu’il a réussi à maîtriser le SRAS, pourtant cette victoire n’est qu’une des nombreuses réalisations de ce médecin de renommée mondiale. Avant de participer à la fondation du LNM, il s’était déjà forgé une solide réputation sur la scène internationale en tant que chercheur VIH/sida. Son sens inné du leadership et son inébranlable détermination à comprendre les virus ont contribué à sa réussite et joué un rôle afin d’influencer directement les politiques de santé publique canadienne et étrangères.

Après avoir obtenu son diplôme en médecine à l’Université du Manitoba, le Dr Plummer a suivi une formation en médecine interne et en maladies infectieuses. Il n’est pas devenu médecin pour sauver des vies, mais plutôt « parce que [sa] mère lui a demandé », admet-il d’un ton détaché.

Heureusement, la profession lui convenait. Le Dr Allan Ronald, aujourd’hui distingué professeur émérite au département de microbiologie médicale de l’Université du Manitoba, a connu Frank Plummer alors qu’il était étudiant en médecine. « Il était très intelligent et sympathique, j’ai tout de suite vu qu’il avait beaucoup de potentiel. » À l’époque, le Dr Ronald s’efforçait de faire reconnaître l’étude des maladies infectieuses comme champ de discipline respecté et cherchait des candidats brillants pour faire avancer la recherche. Il estimait grandement le jeune Plummer et l’a embauché. « Comme je disposais de certaines ressources, dit-il, j’ai recruté Frank et je l’ai envoyé à Nairobi, au Kenya. »

En arrivant sur le continent africain, le Dr Plummer a mis sur pied une petite clinique, où tester les personnes atteintes de maladies transmissibles sexuellement (MTS). La première journée, 600 femmes s’y sont présentées. C’est à partir de ce jour-là qu’il a décidé d’axer ses recherches en santé publique sur les causes sous-jacentes de la maladie plutôt que sur le traitement de cas individuels.

En 1984, le Dr Plummer a accepté un poste de recherche en santé à Nairobi afin de continuer à étudier les MTS. À ce titre, il a participé à une étude sur les travailleuses du sexe kenyanes qui allait bouleverser le monde d’alors. Au début des années 1980, le VIH/sida, qu’on venait à peine de découvrir, était considéré comme une maladie frappant uniquement homosexuels et hémophiles. L’étude du Dr Plummer a prouvé que les femmes aussi pouvaient le contracter. « Ça a été tout un choc », se remémore le chercheur. « C’est sur cette étude, ajoute le Dr Ronald, que repose la base des connaissances mondiales sur le VIH. »

Après 17 ans au Kenya, le Dr Plummer est rentré à Winnipeg pour s’atteler à sa prochaine grande mission : fonder un laboratoire de premier plan dans sa ville natale et focaliser sa recherche sur les virus du globe. À l’heure actuelle, son équipe tente de décoder le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), identifié dans 8 pays, depuis avril 2012. Ce virus mortel tuerait la moitié de ceux qu’il infecte. « C’est préoccupant, dit-il, mais on est outillé pour y faire face. »

Le Dr Plummer supervise toujours la recherche sur le VIH/sida. À présent, son équipe concentre ses efforts afin de trouver pourquoi certaines personnes sont résistantes à la maladie. Sinon, il met tout en œuvre pour que le LNM devienne l’autorité mondiale en menaces virales. « On est un peu comme des pompiers. Si une pandémie se déclare, on arrive en trombe et on combat le brasier, conclut-il. Mon but est qu’on soit les meilleurs au monde. »

Dr Frank Plummer
Directeur scientifique du Laboratoire national de microbiologie du Canada

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