Dépenser pour des services stimule l’économie, affirment des économistes

(Toronto) Les Canadiens qui veulent aider l’économie du pays à rebondir devraient aller se faire couper les cheveux, embaucher des gens de métier pour leurs rénovations domiciliaires et continuer à commander dans les restaurants locaux, affirment des économistes.

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Ils croient que ces actions sont plus susceptibles de stimuler l’économie canadienne et de garder l’argent au pays que les achats impulsifs en ligne, vers lesquels plusieurs personnes se sont tournées pendant les confinements de la COVID-19.

« Nous pourrions en avoir un peu plus pour chaque dollar dépensé par les ménages s’ils étaient encouragés à dépenser davantage pour les services qui proposent du contenu national et ceux-ci sont justement les services qui ont été les plus durement touchés pendant la pandémie », a souligné Royce Mendes, économiste principal à la Banque CIBC.

Les services stimulent une reprise parce que les personnes qui les offrent sont plus susceptibles de reprendre l’argent qu’ils gagnent et de le dépenser à nouveau dans l’économie nationale, a expliqué M. Mendes.

S’ils observent une reprise assez rapide de la demande pour leurs services, ils pourraient dépenser davantage pour les fournitures nécessaires à leur travail et recruter des Canadiens mis à pied pendant la pandémie.

L’économie a perdu près de 213 000 emplois en janvier, les mesures de confinement ayant effacé des mois de gains et a marqué les pires reculs mensuels depuis avril. L’industrie de l’hôtellerie et des services a été particulièrement touchée, car les restaurants, les salons de coiffure et autres lieux de divertissement ont été fermés dans de nombreuses provinces pour endiguer la propagation du virus.

Cependant, Statistique Canada a indiqué vendredi que 259 000 emplois avaient été créés en février, annulant presque entièrement les pertes subies lors des deux mois précédents.

Redoubler d’efforts pour soutenir les entreprises

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, a indiqué que les dépenses en services pouvaient aider à stimuler l’économie et à ramener encore plus d’emplois, mais la réalité est que des confinements et des restrictions sont toujours en place dans certaines régions du pays, de sorte que les coupes de cheveux ou les voyages au gymnase ne sont pas encore une option pour tout le monde.

« Les Canadiens devraient vraiment redoubler d’efforts pour aider les entreprises et les services locaux autant qu’ils le peuvent, ici et maintenant. […] Ils peuvent soutenir leur restaurant local par l’entremise de plats à emporter, ou un petit détaillant en choisissant le ramassage en bordure de rue », a-t-il illustré.

Même s’il espère que les Canadiens stimuleront l’économie en ouvrant leur portefeuille, il est conscient que cette option ne conviendra pas à tout le monde.

Certains ont vu leur situation financière se renforcer pendant la pandémie, mais d’autres se sont endettés davantage, ou ont perdu leur source de revenus.

« Avant que tout ne commence, la plus grande préoccupation pour l’économie canadienne était le consommateur surmené, alors je dirais que (les conseils en matière de dépenses) s’appliquent aux personnes dont les finances peuvent réellement se le permettre », a-t-il affirmé.

Malgré tout, M. Porter ne pense pas qu’il sera difficile de convaincre la plupart des gens de dépenser à nouveau.

Plusieurs, a-t-il dit, ont économisé pendant la pandémie et d’autres sont impatients de dépenser à nouveau pour leur passe-temps préféré, ou pour d’autres choses que des biens.

« Vous n’avez pas besoin d’un deuxième vélo Peloton », a-t-il plaisanté.

M. Mendes fait des prédictions similaires.

« Je m’attends à ce qu’il y ait des gâteries, des soupers au restaurant plus fréquents, ou des sorties pour des soupers peut-être plus chers », a-t-il estimé. « Les gens voudront peut-être prendre des vacances un peu plus coûteuses, ou peut-être prendre un peu plus de vacances dans les 12 prochains mois. »

Lorsque les vacances seront jugées sécuritaires et qu’elles seront autorisées, la clé sera d’encourager les gens à voyager au Canada, a-t-il ajouté.

« Garder cet argent à l’intérieur des frontières aidera l’économie à se redresser plus rapidement. »

Les remarques de M. Mendes faisaient écho aux propos récents de Destination Canada, une société de tourisme de la Couronne, qui a demandé aux Canadiens d’envisager de voyager au pays avant de s’envoler à l’étranger. La société a récemment indiqué que si suffisamment de Canadiens modifiaient leurs plans de voyages internationaux pour se concentrer sur les destinations intérieures, cela pourrait accélérer la reprise du secteur du tourisme de jusqu’à un an.

Publié le 12 mars 2021 à 16h34

TARA DESCHAMPS

LA PRESSE CANADIENNE