Revue de l'année 2020

Extraordinaire? Remarquable? Inégalée? Il est difficile de décrire en un seul mot l’évolution des marchés des capitaux en 2020, qui a été une année de sommets inégalés, de creux historiques et de primeurs.

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Extraordinaire? Remarquable? Inégalée? Il est difficile de décrire en un seul mot l’évolution des marchés des capitaux en 2020, qui a été une année de sommets inégalés, de creux historiques et de primeurs. Celle-ci a été marquée par ce qui restera dans les mémoires comme une des plus importantes liquidations sur les marchés boursiers, suivie par le rebond le plus rapide de tous les temps. Les rendements obligataires ont atteint un creux sans précédent, le prix de l’or a grimpé au-delà de 2 000 $ US l’once pour la première fois et le pétrole brut West Texas Intermediate s’est étonnamment négocié à des prix négatifs. Assurément, 2020 restera gravée dans les mémoires en raison de la pandémie qui a ébranlé les économies mondiales et mis en sourdine ce qui aurait dû normalement être le principal événement de l’année – l’élection présidentielle américaine.

La meilleure façon d’examiner le déroulement de l’année est de la diviser en deux périodes distinctes : la dégringolade et le rebond.

Lors du premier trimestre, les marchés boursiers mondiaux ont enregistré un fort ralentissement et les rendements des obligations d’État ont dégringolé, après que les mesures prises pour limiter la propagation de la COVID-19 eurent entraîné l’arrêt d’une grande partie de l’activité économique et grandement nui à la demande mondiale. Quelques semaines après que les indices composés S&P/TSX et S&P 500 eurent atteint des sommets historiques, les indices de référence reculaient de plus de 30 %, enregistrant en cours de route les fluctuations quotidiennes les plus importantes qu’ils aient jamais connues. Les États et les banques centrales du monde entier sont intervenus en prenant des mesures extraordinaires destinées à éviter une paralysie des marchés du crédit et à soutenir aussi bien les particuliers que les entreprises. Les prix des produits de base, y compris le pétrole, ont fortement reculé à cause des préoccupations relatives à la demande. Même l’or, qui est généralement considéré comme une valeur refuge en période de turbulences, a temporairement perdu de son lustre sous l’effet des appels de marge (qui se produisent quand les investisseurs vendent des actifs pour couvrir des pertes dans d’autres catégories d’actifs) avant de remonter encore plus haut à la fin de la période.

Les marchés ont ensuite fait volte-face à la fin de mars. Pendant la majeure partie du printemps et de l’été, les investisseurs ont ignoré certaines des pires données économiques de tous les temps, et ont plutôt mis l’accent sur les progrès accomplis en vue d’un traitement médical contre la COVID-19, les nombreuses mesures de relance économique — tant budgétaires que monétaires — et les attentes quant à la reprise en raison de la réouverture des économies après leur mise sur la glace. Lors des derniers mois de l’année, les marchés ont dû composer, d’une part, avec les tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine, les effets de l’élection présidentielle américaine de novembre, la résurgence du virus et l’imposition de nouvelles mesures de confinement et, d’autre part, avec une vague de nouvelles encourageantes sur la progression des vaccins. Vers la mi-novembre, l’optimisme quant au retour progressif à des activités normales au milieu de 2021 prévalait et l’année 2020 s’est terminée sur une note positive.

 

La crise de la COVID-19 et les marchés boursiers

Les marchés boursiers canadien, américain et japonais ont clôturé l’année en hausse, tandis que ceux de Hong Kong et la plupart des marchés européens reculaient. Tous les marchés boursiers mondiaux ont affiché une tendance similaire au cours de 2020 : une baisse marquée lors du premier trimestre, suivie d’une remontée pendant le restant de l’année. Malgré ces similitudes, il y a eu un large éventail de résultats dans les divers marchés. Les gains dégagés par les indices boursiers nord-américains se sont échelonnés d’un modeste 2 % pour l’indice composé S&P/TSX au Canada à plus de 40 % pour l’indice composé NASDAQ, fortement concentré dans les secteurs de la technologie et de l’Internet. Les trois grands indices boursiers américains, le S&P 500, le Dow Jones Industrial Average et l’indice composé NASDAQ, ont atteint des sommets records. C’est l’indice S&P 500 qui a effectué la remontée la plus rapide. Par contre, la plupart des marchés européens ont été incapables de refaire surface. L’Espagne, un des pays les plus durement touchés par la COVID-19, et le Royaume-Uni, qui a peiné à conclure une entente avec l’Union européenne sur leur relation commerciale postérieure au Brexit, ont tous deux terminé l’année avec des pertes dans les deux chiffres. Les résultats en Asie ont été variables, la bourse de Hong Kong enregistrant des résultats plus faibles à cause des tensions géopolitiques, tandis que les actions japonaises bondissaient à leur plus haut niveau depuis le début de 1991.

À la fin de l’année, le TSX affichait un écart de 3 % par rapport à son sommet de février. La technologie s’est imposée comme le secteur le plus robuste, soutenue principalement par Shopify Inc., qui a bénéficié de la tendance au confinement généralisé. Par suite d’un gain de plus 170 %, l’entreprise de commerce électronique compte maintenant pour plus de 60 % de la pondération de ce secteur, ce qui en fait la plus grande société du Canada en termes de capitalisation boursière. Le secteur des matériaux s’est classé au deuxième rang, mais loin derrière, en raison notamment de la ruée vers les valeurs refuges et des taux d’intérêt historiquement bas qui ont fait grimper les prix de l’or à des sommets inégalés. Les actions du secteur de l’énergie ont pesé le plus lourdement sur les rendements du TSX. Les cours à terme du pétrole brut ont chuté jusqu’en territoire négatif en avril, pour la première fois dans l’histoire, dans la foulée d’un différend entre la Russie et l’Arabie saoudite. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres producteurs ont alors réduit la production et rehaussé les prix, ce qui s’est traduit par une reprise mondiale du secteur de l’énergie. Toutefois, à la fin de l’année, les prix du pétrole demeuraient bien en deçà de leurs niveaux antérieurs à la pandémie. Au Canada, les actions du secteur de l’énergie ont de nouveau dérapé malgré la reprise mondiale, en raison de défis continus, y compris celui posé par la capacité pipelinière, une inquiétude avivée par la crainte qu’une administration Biden aux É.-U. puisse annuler le permis relatif au pipeline Keystone XL. Pour sa part, le secteur plutôt volatile de la santé, poids léger de l’indice, a lui aussi inscrit une forte baisse, alors que de nombreuses sociétés de cannabis ont fait part d’importantes pertes et ont réduit leur production.

Alors que les prix du pétrole et les cours boursiers s’effondraient lors des premiers stades de l’éclosion de la COVID-19, le dollar canadien est tombé en dessous de la barre des 0,69 $ US, son plus bas niveau en plus de 16 ans. Toutefois, depuis la fin mars, le huard a maintenu le cap et poursuivi sa remontée par rapport au billet vert, soutenu par le redressement des prix du pétrole et la perspective d’une reprise économique cyclique. En décembre, il a presque atteint 0,79 $ US, son plus haut niveau en deux ans et demi, ce qui a réduit le rendement des titres étrangers détenus par des investisseurs canadiens en 2020.

Aux États-Unis, le redressement du marché des actions a propulsé pour la première fois le Dow Jones au-delà des 30 000 points. Toutefois, la progression de 7 % du Dow Jones a été inférieure à la hausse de 16 % du S&P 500, indice axé davantage sur la croissance. Les secteurs de la technologie, de la consommation discrétionnaire et des services de communication ont mené le bal avec d’excellents gains de 30 % à 80 % provenant de sociétés à grande capitalisation telles que Apple Inc., Microsoft Corp., Amazon.com Inc., Alphabet Inc. (Google) et Facebook Inc., qui ont bénéficié de l’environnement de confinement et de télétravail. Les indices des actions de croissance ont nettement surclassé ceux des actions de valeur au cours de l’année. De fait, l’écart annuel de plus de 35 % entre les actions de croissance et les actions de valeur est le plus important des
40 dernières années. Comme dans le cas du TSX, le secteur de l’énergie est celui qui a le plus freiné le rendement du S&P 500. Les secteurs défensifs et sensibles aux taux d’intérêt, soit les services aux collectivités, l’immobilier et la consommation de base, ont obtenu des résultats décevants en raison des faibles rendements obligataires. Le secteur de la finance a perdu du terrain à cause des craintes que le ralentissement économique causé par la pandémie accroisse le risque de pertes associées aux prêts.

Lors des dernières semaines de l’année, les actions ont enregistré une dernière remontée attribuable aux progrès accomplis dans la mise au point de vaccins contre la COVID-19 et les investisseurs ont accueilli avec joie la victoire de Joe Biden dans la course présidentielle américaine qui devrait mettre fin au chaos politique et à l’imprévisibilité de l’administration Trump – tout particulièrement en ce qui a trait aux relations commerciales. Dans les dernières semaines de 2020, les investisseurs ont salué l’adoption d’un plan de relance d’environ 900 milliards de dollars. Toutefois, par suite de la victoire des démocrates en Géorgie et de la prise de contrôle du sénat en janvier, les attentes se feront plus pressantes pour la mise en place de nouvelles mesures de soutien économique atteignant des milliers de milliards de dollars. Les marchés ont réagi positivement à la nomination de l’ancienne présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, au poste de Secrétaire du Trésor.

 

La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine maintiennent les taux cibles à près de zéro

Les prix des obligations mondiales ont été étonnamment hauts en 2020, tandis que les rendements ont chuté. En mars, la Banque du Canada a emboîté le pas à la Fed en réduisant d’urgence ses taux d’intérêt, ramenant ainsi son taux cible à un taux proche de zéro, et les rendements des obligations du gouvernement du Canada et des bons du Trésor américain à 10 et 30 ans ont chuté à leur plus bas niveau historique. Les obligations d’État à long terme, qui sont plus sensibles aux baisses de taux, ont enregistré des résultats supérieurs à ceux des obligations d’État à courte et moyenne échéance. Partout dans le monde, les banques centrales ont mis en œuvre diverses mesures de relance afin d’atténuer la volatilité du marché du crédit. Les programmes de soutien des banques centrales ont été le moteur du rendement des catégories d’actif directement exposées à ces programmes, comme les obligations de sociétés de première qualité et à rendement élevé.

Les taux à long terme ont légèrement remonté au quatrième trimestre par suite d’un regain de confiance des marchés, tandis que dans la plupart des pays, les taux d’intérêt à court terme demeuraient très faibles ou même négatifs à la fin de l’année. La hausse des taux à long terme a toutefois été limitée, à cause de l’annonce par la Fed d’une politique monétaire plus accommodante que d’habitude jusqu’à ce que l’inflation augmente. La Banque du Canada a rapidement emboîté le pas et indiqué qu’elle avait l’intention de maintenir un niveau élevé de mesures de relance monétaire jusqu’à au moins 2023.

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