La pandémie et ses restrictions ralentissent les dépenses et font grimper l'épargne

Depuis le début des confinements liés à la pandémie, Daniel Bilton calcule que ses dépenses ont chuté d’environ 500 $ par mois après avoir réduit ses déplacements en automobile, les transports en commun et les repas au restaurant.

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Depuis le début des confinements liés à la pandémie, Daniel Bilton calcule que ses dépenses ont chuté d’environ 500 $ par mois après avoir réduit ses déplacements en automobile, les transports en commun et les repas au restaurant. Pour la première fois de sa vie, cet argent inutilisé s’accumule dans son compte bancaire et il réfléchit à l’utilisation qu’il devrait en faire.

« Quand je regarde mon compte bancaire, je remarque que je ne dépense tout simplement pas autant », affirme le jeune homme de 24 ans de Mississauga, en Ontario. « L’argent ne fait que dormir là en ce moment — honnêtement, je devrais chercher davantage à l’investir. »

M. Bilton n’est pas le seul dans cette situation. Alors que les Canadiens s’habituent à la vie en pandémie, certains de ceux qui ont réussi à conserver leur emploi disent qu’ils ont renforcé leur approche en ce qui a trait à l’épargne.

Un sondage de l’Association canadienne de la paie a révélé que le nombre de travailleurs capables d’épargner au moins 5 % de leur chèque de paie était passé à 62 % en 2020, contre 59 % en 2019. Ses résultats montrent en outre que la proportion de Canadiens vivant d’un chèque de paie à l’autre a chuté de 6 % cette année.

De son côté, Statistique Canada a indiqué s’attendre en juillet à ce qu’environ 50 % des consommateurs dépensent moins pour les repas au restaurant, tandis que moins de 40 % devraient moins dépenser pour les activités de divertissement et environ 30 % devraient réduire leurs dépenses pour les vêtements.

Conséquemment, un grand nombre de Canadiens se demandent pour la première fois comment ils devraient utiliser cet argent.

M. Bilton a depuis quitté son emploi dans l’équipement audio et vidéo à cause de la deuxième vague, mais il affirme que son état d’esprit concernant les économies d’argent a changé avec la pandémie. Il a même vendu des articles comme son MacBook et sa console de jeux Nintendo Switch, car il ne travaille que de chez lui sur son ordinateur de bureau et joue exclusivement à des jeux vidéo à distance avec ses amis, car ils ne peuvent plus venir chez lui.

« Cela m’a définitivement donné envie d’économiser plus d’argent, car trouver un emploi devient plus rare », a expliqué M. Bilton. Il note que les diplômés de son programme en télévision et cinéma ont généralement de la facilité à trouver du travail, mais que son industrie a été durement touchée par la pandémie.

Lola Hidalgo, qui a commencé à travailler à son domicile de Burlington, en Ontario, a aussi observé que la pandémie avait eu un effet notable sur ses dépenses.

Mme Hidalgo avait l’habitude de se rendre à St. Catharines, en Ontario, tandis que son mari se rendait à Toronto. Le couple dépense désormais moins en essence et en transport en commun puisqu’il travaille à domicile, tout en choisissant de cuisiner à la maison plus souvent.

Mme Hidalgo explique qu’ils ont immédiatement remarqué qu’ils accumulaient de l’argent supplémentaire lorsque la pandémie a commencé et ont décidé d’investir dans des actions du secteur technologique — une décision qui s’est révélée fructueuse. Ils ont aussi fait certaines dépenses, allongeant notamment des centaines de dollars pour installer un système de caméras de sécurité autour de leur maison.

La pandémie a eu un effet positif net sur leurs finances, calcule-t-elle, ajoutant qu’elle avait la chance d’avoir un bureau à domicile avant la pandémie et qu’elle n’avait pas eu à dépenser d’argent pour en créer un. « Nous sommes vraiment chanceux, mais nous savons que tout peut changer à tout moment », a-t-elle précisé.

Plutôt que de changer son approche par rapport à l’épargne, Mme Hidalgo affirme que la pandémie a renforcé les valeurs qu’elle a apprises de son père, qui possédait une entreprise. « Nous pensons qu’il est important d’avoir des économies sur lesquelles nous pouvons compter si jamais quelque chose arrive à mon mari ou à moi. »

Pour Mme Hidalgo, cela s’est traduit par une réserve d’urgence de l’équivalent d’un an de fonds, pour se protéger du pire scénario. Elle est reconnaissante d’être l’une des chanceuses qui ont réussi à conserver son emploi à distance, ce qui lui a permis de continuer à travailler pour économiser de l’argent.

Cet article a été publié par La Presse canadienne, le 8 décembre 2020.
Salmaan Farooqui, La Presse canadienne

 

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