Il faut investir pour contribuer à la croissance économique, affirme David Dodge

Vendredi, lors d'une présentation en ligne à l'occasion du Bennett Jones Lake Louise World Cup Business Forum, l'ancien chef de la banque centrale a souligné que les gouvernements et les entreprises au Canada devront continuer à emprunter en 2021 et 2022, tout en bénéficiant de bas taux d'intérêt.

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LAKE LOUISE, Alberta — Le Canada doit porter son attention sur les investissements qui pourront contribuer à la croissance économique au cours des prochaines années lorsque le monde se remettra du ralentissement causé par la pandémie de COVID-19, a déclaré l'ancien gouverneur de la Banque du Canada David Dodge.

Vendredi, lors d'une présentation en ligne à l'occasion du Bennett Jones Lake Louise World Cup Business Forum, l'ancien chef de la banque centrale a souligné que les gouvernements et les entreprises au Canada devront continuer à emprunter en 2021 et 2022, tout en bénéficiant de bas taux d'intérêt.

« Les gouvernements fédéral et provinciaux auront emprunté des sommes énormes, 400 milliards $ à ce jour cette année pour le gouvernement fédéral, 100 milliards $ pour les provinces, soit 20 pour cent du PIB canadien. Et ils devront continuer à emprunter jusqu'en 2021 et 2022 pour des montants de moindre ampleur afin de garantir une reprise durable », a-t-il relevé.

 

« Il est essentiel que le gouvernement soutienne l'investissement pendant cette période et pas seulement la consommation privée et publique comme cela a été le cas jusqu'à présent », a ajouté M. Dodge.

Le forum d'affaires se tient normalement à Lake Louise, en Alberta, en même temps que les compétitions de ski alpin de la Coupe du monde, mais ces dernières ont été annulées et le sommet économique a pris une forme virtuelle cette année en raison de la pandémie.

M. Dodge a déclaré qu'il s'attendait à une croissance économique d'environ 3,9 % au Canada en 2021, en supposant que les vaccins soient largement disponibles après le deuxième trimestre. Il anticipe une croissance de 1,9 % en 2022.

Le rythme de croissance devrait revenir au niveau de 2019 d'ici le printemps 2022, a-t-il affirmé, mais la production nationale serait toujours inférieure de 3 pour cent à ce qu'elle aurait été sans la COVID-19.

M. Dodge a soutenu qu'un défi clé pour le Canada à l'avenir serait de continuer à développer son expertise technologique pour rivaliser avec l'influence croissante de la Chine.

« La COVID a accéléré la transformation vers un monde véritablement numérique et avec l'Asie comme épicentre », a-t-il déclaré.

« Le Canada peut prospérer dans ce monde tant que les entreprises, les travailleurs et les gouvernements canadiens œuvrent de concert et se concentrent sur l'investissement dans l'avenir, et non dans la préservation du passé », a-t-il soutenu.

Dans une présentation distincte, le chef de la direction de Deloitte Canada, Anthony Viel, a déclaré que le pays pouvait mieux se remettre de la pandémie s'il relançait ses objectifs de miser sur la formation de la main-d'œuvre, l'immigration, l'amélioration de la productivité et la création de meilleurs programmes sociaux.

« Dans notre dernier rapport (...), nous faisons valoir que le Canada ne peut pas revenir sur la voie pré-COVID : divisé entre nantis et démunis, avec une population vieillissante, une faible croissance de la productivité, de faibles niveaux d'investissement faisant stagner la qualité de vie, freinant les progrès sur les priorités nationales et ralentissant la croissance dans une économie mondiale de plus en plus compétitive », a-t-il déclaré.

Il a affirmé que la pandémie a mis en lumière l'occasion pour le Canada de changer son mode de fonctionnement pour bâtir un avenir meilleur pour les Canadiens.

Deloitte recommande que les gouvernements, les entreprises et les communautés coopèrent de manière nouvelle pour financer la reconstruction en utilisant la collaboration comme ils l'ont fait pendant la pandémie, ajoutant que le Canada devrait étudier les modèles d'autres pays pour trouver la meilleure façon de financer les grands projets dont le pays a besoin.

Cet article de La Presse canadienne a été publié pour la première fois le 27 novembre 2020.

Dan Healing, La Presse canadienne