Perspectives pour 2021 : Rebond mondial en vue

L’année prochaine pourrait bien être une année extraordinaire pour les investisseurs, alors qu’une tendance haussière se profile. Stimulée par la promesse de vaccins efficaces, l’économie mondiale semble sur le point de connaître une vaste reprise synchronisée en 2021.

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L’année prochaine pourrait bien être une année extraordinaire pour les investisseurs, alors qu’une tendance haussière se profile. Stimulée par la promesse de vaccins efficaces, l’économie mondiale semble sur le point de connaître une vaste reprise synchronisée en 2021.

Alors que les déploiements de vaccins viendront soutenir la réouverture de l’économie partout dans le monde, l’activité sera stimulée par la demande refoulée. Les bénéfices des sociétés, qui sont déjà revenus dans de nombreux pays aux niveaux d’avant la COVID-19, atteindront de nouveaux sommets. Les économies mondiales refléteront à retardement l’incidence des stimulants monétaires massifs et, dans bien des cas, des stimulants fiscaux supplémentaires. Le maintien par les banques centrales des taux d’intérêt de référence à près de zéro continuera de favoriser la valorisation des actifs risqués comme les actions et les obligations. La hausse de la demande fera monter les prix des produits de base liés à la croissance économique (par exemple, le pétrole et le cuivre) et affaiblira vraisemblablement le dollar américain – une perspective particulièrement favorable au marché boursier canadien. Bien sûr, des obstacles sont possibles en cours de route – le premier qui vient à l’esprit serait un retard imprévu dans le déploiement des vaccins – mais l’arrêt sans précédent des économies mondiales en 2020 a mis la table pour ce qui pourrait être une reprise elle aussi sans précédent.
 

Une croissance mondiale propulsée par les vaccins

Alors qu’une série de nouvelles faisant état de vaccins prometteurs était annoncée au cours des derniers mois de 2020, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a indiqué que l’économie mondiale se trouvait à un tournant et qu’elle allait s’améliorer en 2021. À l’heure actuelle, l’OCDE prévoit pour la prochaine année une croissance mondiale de 4,2 %. Même en l’absence de vaccins disponibles, de nombreux pays constatent déjà une amélioration de leur économie. La Chine, le premier grand pays à imposer des restrictions et à les lever par la suite, n’a pas tardé à connaître à nouveau une croissance vigoureuse qui a stimulé d’autres pays dans sa chaîne d’approvisionnement (par exemple, Taiwan et la Corée du Sud) et des pays exportateurs dans le monde entier (comme le Japon et l’Allemagne). Selon le scénario d’une reprise synchronisée, toutes les régions du globe devraient afficher de solides gains, particulièrement celles qui ont été les plus durement touchées par la pandémie.

L’optimisme des investisseurs s’est intensifié au début de novembre à l’annonce de la victoire de Joe Biden à la présidence des États-Unis, annonce qui a dissipé en grande partie l’incertitude politique qui a pesé sur les marchés en 2020. Moins d’une semaine plus tard, les marchés ont commencé à recevoir régulièrement de bonnes nouvelles sur les progrès réalisés à propos des vaccins : tout d’abord de Pfizer Inc., puis de Moderna Inc. et d’Oxford-AstraZeneca. Cette vague de nouvelles prometteuses a propulsé plusieurs indices boursiers à des sommets historiques. La perspective d’un « retour à la normale » plus rapide que prévu stimule la confiance, ce qui favorisera une participation accrue au marché du travail, débloquera la demande refoulée dans des secteurs tels que les voyages et les divertissements, et stimulera la croissance à l’échelle mondiale.

La nouvelle année pourrait connaître un démarrage lent et décevant en raison de la hausse des infections à la COVID-19 et de la prolongation des restrictions. Il y a eu un essoufflement des gains réalisés au chapitre de l’emploi et sur d’autres plans à la fin de 2020. L’Europe pourrait même connaître une récession à double creux. Toutefois, l’efficacité des vaccins devrait se traduire par une accélération de la croissance au cours du deuxième trimestre. Déjà, la perspective d’une croissance plus élevée que prévu a fait plonger le dollar américain à son niveau le plus bas depuis deux ans et demi par rapport aux autres grandes devises. Le cuivre a atteint son niveau le plus haut en sept ans et le prix du brut West Texas Intermediate (WTI) a grimpé à son plus haut sommet depuis février. Le pétrole continuera vraisemblablement de connaître une remontée graduelle, modérée par l’assouplissement mesuré des réductions de production mises en place par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à la suite de l’effondrement de la demande liée à la COVID-19.

Devant l’accélération de la croissance, la plupart des banques centrales ont indiqué qu’elles laisseront les taux inchangés dans un avenir prévisible. Les responsables de la Réserve fédérale américaine ont été les premiers à laisser entendre qu’ils étaient disposés à laisser l’inflation monter un peu pendant un certain temps afin d’éviter que la reprise ne s’essouffle. L’augmentation prévue de l’inflation (sinon l’inflation réelle) exercera une pression à la hausse sur les rendements obligataires à long terme. Au début de décembre, les taux des obligations du gouvernement du Canada à 10 ans et des titres du Trésor américain étaient revenus à leurs plus hauts niveaux depuis le mois de mars dernier. Cependant, la plupart des observateurs estiment qu’il y a une limite à la remontée des taux et que, compte tenu du montant considérable des titres de créances émis dans le cadre des mesures de stimulation, les banques centrales interviendront pour empêcher les taux d’atteindre des niveaux si élevés qu’ils feraient exploser les budgets des instances fédérales.

 

L’économie canadienne a bénéficié des mesures de soutien des gouvernements, de la vigueur du marché immobilier et du raffermissement du marché du pétrole

Selon les prévisions, la progression du produit intérieur brut du Canada pourrait atteindre 5 % en 2021, ce qui en ferait la meilleure année complète depuis 1984. Toutefois, à court terme, les Canadiens pourraient devoir composer avec un ralentissement de la croissance économique, alors que les efforts de vaccination qui ont débuté en décembre se poursuivent lentement. Dans son énoncé économique de l’automne, la ministre des Finances Chrystia Freeland a tenté de stimuler la confiance des Canadiens en assurant que les programmes de soutien d’urgence du gouvernement se poursuivraient encore un certain temps. De plus, après avoir décidé en octobre de ne pas modifier les taux d’intérêt, la Banque du Canada a manifesté son intention de maintenir des mesures de relance monétaire vigoureuses au moins jusqu’en 2023.

Les responsables de la banque centrale et les représentants gouvernementaux ont indiqué que la reprise pourrait être lente et fragile à cause notamment de préoccupations telles que le niveau d’endettement élevé des consommateurs et la gravité des dommages infligés à certains secteurs par la COVID-19. Cependant, il y a aussi des secteurs plus vigoureux qui stimuleront l’économie lors de la nouvelle année. Grâce à sa solidité, le marché immobilier est le secteur qui se démarque le plus. Il bénéficie de nombreux facteurs favorables, dont des taux hypothécaires historiquement bas, la tendance du télétravail qui entraîne une réévaluation des besoins de logement, ainsi que les changements que la pandémie a provoqués dans les dépenses des consommateurs et leurs habitudes de vie. La forte demande de logements crée des emplois et la hausse des prix accroît la confiance des consommateurs et augmente leur valeur nette. Soutenues par l’amélioration constante des données sur l’emploi, les ventes au détail dépassaient nettement les attentes à la fin de 2020.

Le fléchissement du dollar américain et les prévisions de hausse des prix du pétrole et d’autres produits de base sont de bon augure pour le dollar canadien, qui s’est déjà raffermi lors des dernières semaines, atteignant son plus haut niveau en plus de deux ans et demi par rapport au billet vert.

 

Les États-Unis entrevoient des eaux plus calmes

La croissance de l’économie américaine devrait être vigoureuse l’année prochaine pour s’établir à 4 % selon les prévisions. Ce sont les résultats des élections aux deux sièges de sénateur de l’État de la Géorgie prévues en janvier qui détermineront si cette croissance aura lieu en début d’année ou plus tard. Dans les dernières semaines de 2020, les investisseurs ont salué l’adoption d’un plan de relance d’environ 900 milliards de dollars. Toutefois, si les démocrates remportent les deux sièges et prennent ainsi le contrôle du Sénat, les attentes augmenteront rapidement pour qu’un autre plan de soutien économique de plusieurs milliers de milliards de dollars soit mis en œuvre.

Les investisseurs espèrent surtout qu’il y aura un apaisement marqué des tensions géopolitiques et commerciales qui ont miné les relations diplomatiques et secoué les marchés financiers au cours des dernières années. On s’attend à ce que l’une des priorités de l’équipe Biden soit de rétablir la participation des États-Unis dans de nombreux organismes internationaux, dont l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Organisation mondiale de la santé et l’OTAN. L’un des premiers gestes posés par la nouvelle administration sera de réitérer sa participation à l’Accord de Paris.

 

Comme les bénéfices soutiennent les actions, les titres cycliques mèneront-ils le bal?

Les principaux marchés boursiers ont récemment fracassé de nouveaux records et il ne serait pas surprenant que cette tendance se poursuive en 2021. Comme les taux d’intérêt sont déjà extrêmement bas et que les perspectives de nouvelles baisses des rendements obligataires sont faibles, il y a peu d’espoir que ce soient des multiples de valorisation toujours en hausse qui fassent grimper les cours boursiers. Le rendement des actions devra plutôt reposer essentiellement sur la croissance des bénéfices. Heureusement, les bénéfices ont déjà fortement rebondi. Ceux du S&P 500 sont déjà revenus à leurs niveaux prépandémiques. En raison d’un ensemble de facteurs, dont l’amélioration du marché de l’emploi, la reprise des dépenses des consommateurs et des entreprises, et la mise en œuvre de mesures de relance additionnelles, les bénéfices prévisionnels du TSX et du S&P 500 devraient atteindre ou même dépasser le seuil des 10 % en 2021. De plus, la faiblesse du billet vert contribuera à soutenir les bénéfices des multinationales américaines.

Comme la plupart des marchés boursiers mondiaux, le TSX a effectué un redressement remarquable depuis la braderie provoquée par la COVID-19, s’établissant de nouveau en territoire positif pour l’année complète. L’indice n’est toutefois pas revenu aux sommets qu’il avait atteints en février juste avant la crise de la COVID-19. Pendant ce temps, beaucoup d’autres grands indices, dont le S&P 500 et l’indice MSCI Monde, ont tous atteint résolument de nouveaux sommets. Le TSX a notamment été freiné par le manque relatif de titres de croissance ayant bénéficié de la crise pandémique (Shopify Inc. constituant une exception notable) et une exposition importante au secteur de l’énergie, qui a été particulièrement frappé par le ralentissement de l’activité mondiale.

Ces tendances ont semblé commencer à s’inverser vers la fin de l’année 2020. En termes de rendement relatif, les actions de croissance de sociétés à très grande capitalisation favorisées par le confinement à la maison (telles que Netflix Inc. et Amazon.com inc.) ont cédé le pas aux actions des entreprises bénéficiant du retour au travail. Les actions de valeur, cycliques et à petite capitalisation qui ont longtemps sous-performé par rapport aux actions de croissance, défensives et à grande capitalisation ont montré des signes de redressement. Les sociétés à petite capitalisation devraient connaître une plus forte reprise de leurs bénéfices que leurs homologues à grande capitalisation. L’optimisme à l’égard d’un retour accéléré à une activité économique normale grâce aux vaccins a stimulé le prix du pétrole, lequel est particulièrement important pour le marché boursier canadien. La baisse continue du dollar américain contribue également à soutenir les titres cycliques et ceux liés aux produits de base. Les secteurs de l’énergie, des matériaux et de la finance, qui dominent le marché boursier canadien, semblent particulièrement bien positionnés pour tirer profit de l’amélioration de l’économie. Il se pourrait que le TSX regagne en 2021 une partie du terrain perdu par rapport à sa contrepartie américaine.

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