Revue de l'année 2019

L’année écoulée était censée connaître un regain de volatilité… Malgré les hauts et les bas de 2019, les marchés boursiers ont pris du mieux et ont enchaîné les records. La vigueur de 2019 a étonné bien des investisseurs, en dépit des inquiétudes lancinantes que font peser les guerres commerciales et du ralentissement de la croissance économique mondiale. Que s’est‑il produit? C’est ce que nous expliquons dans cette Rétrospective annuelle.

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L’année écoulée était censée connaître un regain de volatilité… Malgré les hauts et les bas de 2019, les marchés boursiers ont pris du mieux et ont enchaîné les records. La vigueur de 2019 a étonné bien des investisseurs, en dépit des inquiétudes lancinantes que font peser les guerres commerciales et du ralentissement de la croissance économique mondiale.

Que s’est‑il produit? C’est ce que nous expliquons dans cette Rétrospective annuelle. 

Les marchés mondiaux décollent

Au Canada et ailleurs, les investisseurs sont plus riches aujourd’hui qu’ils l’étaient il y a un an. Sur plusieurs places boursières mondiales, les indices ont crû dans les deux chiffres : l’indice composé S&P/TSX canadien a gagné 19 %, le S&P 500 américain, près de 29 %, le FTSE 100 britannique (qui a comptabilisé la plupart de ses gains après l’élection de décembre au Royaume-Uni), 12 %, et l’indice FTSE australien, 18 %. Pour sa part, l’indice MSCI Monde (tous pays), qui suit le rendement des titres boursiers mondialement, a monté de 24 %, et l’indice MSCI Marchés émergents, même s’il a été malmené pendant la plus grande partie de 2019, a fortement rebondi en décembre, pour dégager 15,4 % sur l’année.

Plusieurs raisons expliquent que tant de marchés aient atteint en 2019, dans bien des cas, des records absolus. D’abord, les titres boursiers avaient fait si piètre figure dans les deux derniers mois de 2018 — l’indice MSCI Monde (tous pays) avait perdu 16,6 % entre le 1er octobre et le 24 décembre 2018 — qu’ils se sont simplement ressaisis dès le début de 2019. En effet, les marchés ont inscrit la plupart de leurs gains entre le 1er janvier et le 1er mai 2019. Depuis cette dernière date, le marché canadien a monté d’à peine 3,4 %, alors que le marché américain a progressé de 10 %.

Le discours plus conciliant de la Réserve fédérale américaine vient aussi expliquer ce rendement exceptionnel. En 2019, la Fed a sabré trois fois ses taux de crédit à un jour — passés de 2,5 % au début de 2019 à 1,75 % à la fin de l’année — entre autres pour stimuler la croissance de l’économie américaine. Généralement, quand les taux baissent, les titres boursiers montent, puisqu’il devient plus facile de réaliser des bénéfices sur des actions que sur des obligations à faible rendement.

Les marchés ont aussi pu compter sur la croissance des bénéfices des entreprises, qui s’est ralentie par rapport à 2018, mais non autant que la plupart le redoutaient. Dans le même temps, la « phase 1 » de l’accord commercial entre les États‑Unis et la Chine en décembre 2019 est venue mettre en veilleuse d’autres sanctions tarifaires et a ainsi levé en partie l’incertitude qui pesait sur les titres boursiers des marchés émergents (entre autres).

Pour ce qui est des styles d’investissement, les actions de croissance — soit essentiellement les très florissantes sociétés technologiques — ont surclassé les actions de valeur — soit les valeurs sûres comme les télécommunications et les supermarchés — durant presque toute l’année. Or, parce que le prix des actions de croissance a monté dans les 12 derniers mois, les investisseurs se sont mis à acheter plus de titres de valeur en septembre et en octobre. Lorsque la croissance mondiale se ralentit et que les craintes d’une récession se multiplient, les actions de valeur, qui reculent généralement moins que les actions de croissance quand les marchés baissent, continuent normalement de tirer leur épingle du jeu.

Le marché canadien en hausse, mais à la traîne

Même s’il s’est bien tiré d’affaire en 2019, le Canada continue de faire moins bonne figure que bien des marchés développés. Pourquoi? À cause, comme c’est souvent le cas, des cours du pétrole et des autres enjeux dans le secteur de l’énergie. S’il a effectivement gagné 34 % environ dans les 12 derniers mois, pour passer de 45 $ à 61 $ le baril, le cours du brut WTI (West Texas Intermediate) a perdu 7,5 % depuis avril, au moment où les cours culminaient à 66 $ le baril. En outre, le déficit de capacité dans le transport par oléoduc continue de freiner les pétrolières canadiennes, qui peinent à exporter le brut à destination des États‑Unis, ce qui a pour effet de refouler l’offre. L’investissement dans les sables bitumineux a aussi fléchi chez les épargnants comme chez les investisseurs institutionnels, dont certains misent plutôt sur les énergies renouvelables, tandis que d’autres croient que l’absence de nouveaux oléoducs laisse entendre que le gouvernement du Canada laisse tomber le secteur de l’énergie.

Ce qui n’a guère aidé non plus, c’est la débâcle du secteur du cannabis l’an dernier. Bien que cette industrie soit loin d’avoir l’envergure de l’énergie ou de la finance, les gains massifs réalisés par les entreprises de cannabis avant la légalisation de ce produit, en octobre 2018, avaient effectivement propulsé à la hausse l’ensemble du marché au Canada. À cause de la suroffre du produit et de la demande toujours aussi forte sur le marché clandestin, il a été difficile, pour les sociétés de cannabis, de dégager des bénéfices. En 2019, les cours boursiers de la plupart des grandes entreprises de ce secteur ont perdu entre 15 % et 50 %.

Une certaine nervosité a aussi freiné la croissance économique du Canada, surtout dans le dernier semestre de 2019. Bien que le marché de l’emploi ait engrangé de solides gains pendant presque toute l’année, environ 71 000 travailleurs ont perdu leur emploi en novembre, ce qui était sans précédent depuis la récession; le marché a toutefois effacé, en décembre, une partie de cette perte, grâce à un gain de 35 000 emplois. Au troisième trimestre, l’économie canadienne a aussi crû d’à peine 1,3 % en rythme annualisé, ce qui était nettement moindre que le taux de croissance de 3,5 % du deuxième trimestre.

Pourtant, grâce à un gain frôlant les 20 %, l’année a dans l’ensemble été exceptionnelle pour les investisseurs canadiens, et les titres plus sensibles aux taux d’intérêt, dont les services aux collectivités et l’immobilier, ont mené le marché. (Ces secteurs ont tendance à bien se tirer d’affaire quand les rendements obligataires chutent, puisque leurs rendements deviennent plus attrayants par rapport aux rendements obligataires aujourd’hui amoindris.)

Récession à l’horizon?

Le spectre d’une récession a été en 2019 l’une des plus lourdes inquiétudes pour les investisseurs comme pour les experts. Puisqu’il s’est écoulé plus d’une dizaine d’années depuis la dernière récession, nombreux sont ceux et celles qui croient qu’une autre récession est à nos portes. Parce que les bénéfices des entreprises se sont ralentis, surtout à cause de la guerre commerciale sino‑américaine, que l’industrie manufacturière américaine a basculé en territoire de croissance négative et que la courbe des rendements s’est inversée — les rendements obligataires à long terme tombant en deçà des rendements obligataires à court terme, ce qui s’est produit cette année et ce qui peut laisser poindre une récession —, les craintes d’une récession étaient fortes.

Pourtant, la croissance suit son cours. Même si la guerre commerciale est loin d’être terminée, le président Donald Trump a en fait, à l’automne, renoncé à hausser certains tarifs douaniers. Les rendements obligataires ont cessé de s’inverser, et l’économie américaine poursuit sa croissance, même si elle n’a gagné que 2 % au troisième trimestre, notamment grâce aux baisses de taux de la Fed. Les craintes d’une récession ont beau être tenaces, rien ne laisse entrevoir, pour l’heure, la fin prochaine de la longue séquence record des marchés haussiers.

 

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