Perspectives des marchés en 2020

Pas de récession en vue, ni de croissance spectaculaire des marchés et des économies.

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Qu’est-ce que les marchés nous réservent au cours des 12 prochains mois? Difficile à prédire, mais une chose est certaine : l’année 2020 ne s’annonce pas monotone. Élection présidentielle aux États-Unis en novembre, marche inéluctable du Royaume-Uni vers le Brexit, issue possible de la guerre commerciale sino-américaine et poursuite incertaine de la phase haussière des marchés boursiers qui dure depuis 10 ans, voilà autant de sujets qui retiendront l’attention des investisseurs en 2020. Pour en savoir plus sur ce à quoi les Canadiens peuvent s’attendent au cours des prochains mois, IG Gestion de patrimoine s’est entretenue avec Paul Taylor, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Placements Mackenzie.

Économie mondiale : récession en vue?

Bien des gens se demandent si l’économie entrera en récession. Cette éventualité est peu probable, selon M. Taylor. Bien que l’économie mondiale ne soit pas à l’abri d’un événement fortuit, il pense que le produit intérieur brut (PIB) connaîtra une croissance modeste aussi bien à l’échelle mondiale que plus près de nous. En 2019, l’économie américaine a progressé à un rythme de 2,2 %, et il s’attend à une croissance similaire en 2020. Du côté de l’économie canadienne, la croissance devrait être moins vigoureuse l’année prochaine, soit entre 1,75 % et 2 %, ajoute M. Taylor. Et l’économie mondiale devrait afficher un taux de croissance de 3 % à 3,25 %.

Même si de nombreux prévisionnistes voient une récession se profiler à l’horizon, M. Taylor soutient que les conditions nécessaires à une croissance négative ne sont pas au rendez-vous. En règle générale, la croissance des salaires s’accélère tant et si bien que les prix des produits de consommation courante commencent à augmenter – c’est ce qu’on appelle l’inflation. Les banques centrales doivent alors relever leurs taux pour ralentir le rythme d'expansion de l'économie et s’assurer que les prix n’augmentent pas trop rapidement. En ce moment, les salaires aux États-Unis sont en hausse d’environ 3,25 % sur un an (voir la figure 1 – L’absence d’inflation retient l’attention aux États-Unis), alors que l’inflation avoisine 2 %. M. Taylor n’y voit rien de préoccupant.

En outre, l’orientation des banques centrales n’est pas restrictive, mais plutôt expansionniste. Ainsi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé son taux de financement à court terme – qui a des répercussions sur tous les types d’emprunts – à trois reprises en 2019. Et comme les baisses de taux stimulent généralement la croissance économique, les relèvements de taux ne sont pas pour demain.

Canada : l’économie progresse tant bien que mal

L’économie canadienne a connu une année contrastée, sa croissance ayant été vigoureuse au premier semestre, mais faible au second. Les données sur l’emploi ont bondi, avant de dégringoler en novembre avec la perte de 71 000 emplois, ce qui représente le pire recul depuis 2009. (L’économie a tout de même créé près de 300 000 emplois au cours des 12 derniers mois.) Cette instabilité rend difficile toute prévision quant à la performance du Canada en 2020, mais il est probable que son économie progresse à un rythme modeste.

Malgré les données décevantes sur l’emploi en novembre, les entreprises continuent d’embaucher – tous ceux qui cherchent un emploi peuvent en trouver un, explique M. Taylor – pendant que les salaires au Canada augmentent au rythme de 4 %, ce qui permet de penser que la consommation continuera de soutenir l’économie. M. Taylor s’attend à ce que l’inflation demeure stable à environ 2 % et à ce que la Banque du Canada maintienne le taux du financement à un jour proche de son niveau actuel de 1,75 %, mais qu’elle le réduise si l’économie ralentit.

L’endettement des consommateurs représente toutefois un risque qu’il faudra surveiller. Les Canadiens demeurent surendettés, le ratio d’endettement des ménages étant passé de 173,4 % à 174 % entre le deuxième et le troisième trimestre de 2019. Cela signifie que les Canadiens doivent 1,74 $ pour chaque dollar de revenu qu’ils gagnent. Les hausses salariales et les faibles coûts d’emprunt qui touchent des creux de plusieurs décennies font en sorte que cette dette est amortissable, mais ce risque ne doit pas être négligé.

États-Unis : ce que l’élection et la politique commerciale laissent présager

L’année 2020 sera marquée par l’élection présidentielle en novembre. Cependant, même si le scrutin et la période précédant l’élection ne manqueront sûrement pas de rebondissements, ils ne perturberont pas les marchés comme les gens l’imaginent. Les investisseurs boursiers aiment toujours les gouvernements divisés – lorsque les démocrates contrôlent une branche du gouvernement et les républicains, l’autre – parce qu’il est plus difficile d’adopter de nouvelles lois défavorables aux marchés. C’est l’issue probable de la prochaine élection, affirme M. Taylor, avec une majorité de démocrates à la Chambre des représentants et une majorité de républicains au Sénat. Le choix du prochain président est moins important que la composition du Congrès.

Par ailleurs, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui a eu des répercussions tant positives que négatives sur les marchés au gré des nouvelles (voir la figure 2 – Rendement de l’indice S&P 500 au quatrième trimestre), devrait être moins préoccupante en 2020, explique M. Taylor. Les deux parties ont fait des progrès, le président Donald Trump ayant accepté de ne pas mettre en œuvre la hausse des surtaxes douanières sur les biens de consommation chinois, comme les téléphones intelligents et les ordinateurs portatifs, qui était prévue en décembre. Pour sa part, le gouvernement chinois a accepté d’acheter plus de produits agricoles américains. Les deux pays parviendront-ils à régler tous leurs différends avant l’élection de novembre? Cela reste à voir, mais cette trêve est une bonne nouvelle pour les marchés et l’économie mondiale.

L’économie américaine devrait connaître une croissance modérée dans l’ensemble. La Fed maintiendra vraisemblablement ses taux à leurs niveaux actuels pendant la majeure partie de 2020, à moins que la conjoncture économique ne change, ce qui favorisera la croissance, car les coûts d’emprunt demeurent bas. De plus, l’inflation devrait se maintenir autour de 2 %, les consommateurs envisagent l’avenir avec optimisme et l’activité industrielle devrait s’accélérer.

Marchés boursiers : rendements modestes à prévoir 

Ce sont les bénéfices de sociétés qui font fluctuer les marchés au bout du compte, et l’année 2020 s’annonce meilleure que 2019 pour les entreprises, selon M. Taylor. Il ne faut pas s’attendre à une croissance exceptionnelle dans les deux chiffres comme celle observée il y a deux ans, mais plutôt à une hausse d’environ 5 % des bénéfices des sociétés canadiennes et américaines, précise-t-il. Si les préoccupations suscitées par la guerre commerciale s’apaisent, les sociétés seront plus disposées à augmenter leurs dépenses d’investissement, ce qui favorise les bénéfices.

Tout cela étant dit, les marchés mondiaux devraient poursuivre leur ascension en 2020, mais elle sera moins importante qu’en 2019, car ils ont déjà réalisé les gains découlant des bonnes nouvelles au sujet du commerce et de l’économie. M. Taylor estime néanmoins que les ratios cours/bénéfice tiendront bon et qu’avec la croissance modeste des bénéfices, les cours boursiers augmenteront d’environ 5 %. Si l’on ajoute à cela un rendement en dividendes de 2 %, soit le rendement moyen de l’indice S&P 500, il en résulte une croissance entre 5 % et 10 %.

Peu importe ce que l’année 2020 nous réserve, détenir un portefeuille bien diversifié en mesure de prendre de la valeur quand la conjoncture est bonne et de résister aux chocs sur les marchés est la meilleure stratégie pour la majorité des investisseurs. Le jeu politique est imprévisible, les consommateurs peuvent se montrer capricieux, les perspectives économiques peuvent être tantôt optimistes, tantôt pessimistes, et les marchés fluctuent sans cesse. Les Canadiens doivent garder le cap, se concentrer sur leurs objectifs de vie et continuer à épargner pour l’avenir.

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