Que faire si on ne peut plus contribuer à notre REER ?

Voici où placer notre argent lorsqu’on a atteint le droit de cotisation maximum à notre REER.

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Nicholas Cheung a cotisé à son premier régime enregistré d’épargne-retraite (REER) dans les années 1980, lorsqu’il était adolescent et que la plupart des jeunes de son âge dépensaient leur argent en sorties et en malbouffe. « Chaque samedi, je travaillais à la pharmacie de mon père et j’ai décidé d’investir mon salaire, raconte ce comptable agréé de 46 ans, qui vit à Toronto. J’avais appris la règle de 72, qui consiste à diviser le taux de rendement annuel par ce nombre pour savoir combien d’années seront nécessaires pour doubler un investissement. Je savais donc qu’il fallait commencer jeune. »

Si vous avez atteint le plafond de cotisation pour votre REER et votre CELI, mais que vous avez encore des fonds à investir, vous pourriez ouvrir un compte non enregistré. Il importe toutefois de bien choisir les titres que vous y placerez, puisqu’ils seront imposables.

Bien qu’à l’époque son droit de cotisation à un REER était peu élevé – son emploi à temps partiel lui procurant un faible salaire –, il y contribuait toujours au maximum. Il achetait des certificats de placement garanti (CPG) et des obligations d’épargne du Canada qui, à la fin des années 1980, offraient d’intéressants rendements de plus de 10 %. De façon exceptionnelle, il a continué à investir au maximum dans son REER, même lorsque son droit de cotisation annuelle a augmenté. Maintenant qu’il dispose de plus d’argent pour ses placements, il mise sur un éventail d’options, incluant un CELI et des comptes non enregistrés. « Je cherche d’autres occasions d’investissement avantageuses sur le plan fiscal », dit-il.

Rares sont ceux qui commencent à investir dans un REER aussi tôt que Nicholas Cheung, mais plusieurs Canadiens fortunés atteignent chaque année la cotisation maximale, qui était de 26 230 $ en 2018. Certains d’entre eux disposent même de plus d’argent à investir. Quels placements peut-on alors faire lorsqu’on a cotisé à notre REER au maximum ? Voici quelques idées.

Maximisez votre CELI

Selon Todd Sigurdson, directeur de la planification fiscale et successorale à IG Gestion de patrimoine, un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) représente un bon plan B pour la majorité des Canadiens. Il permet de faire fructifier son argent et de générer des profits à l’abri de l’impôt. Les droits de cotisation sont désormais plutôt élevés, ajoute le spécialiste. Un résident canadien qui avait 18 ans ou plus en 2009, qui vit au pays depuis et qui n’a jamais contribué à un CELI, pourrait y verser une somme totale de 63 500 $. Depuis le 1er janvier 2019, la cotisation maximale est passée de 5500 $ à 6000 $ par année.

Investissez dans d’autres comptes enregistrés

Le REER n’est pas le seul compte enregistré qui permet de faire fructifier notre argent à l’abri de l’impôt. Les parents et les grands-parents peuvent également investir leurs économies dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE) afin d’assurer la scolarité d’un enfant. Tout comme le REER, il permet un report d’impôt. Il donne également droit à une subvention gouvernementale équivalant à 20 % des cotisations, pour un maximum de 500 $ par an. « Cette prestation est offerte gracieusement et quiconque met de l’agent de côté pour l’éducation d’un enfant devrait en profiter », souligne Todd Sigurdson.

De la même manière, les personnes handicapées et les parents dont l’enfant est handicapé ont droit à des subventions et à des bons grâce au régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI). De plus, les revenus de leurs placements ne sont imposés que lorsqu’ils sont retirés.

Optez pour des comptes non enregistrés

Si vous avez atteint le plafond de cotisation pour votre REER et votre CELI, mais que vous avez encore des fonds à investir, vous pourriez ouvrir un compte non enregistré. Il importe toutefois de bien choisir les titres que vous y placerez, puisqu’ils seront imposables.

En règle générale, vous devriez réserver les placements à revenu fixe, comme les obligations, à votre REER ou votre CELI. Pourquoi ? Les revenus générés par ces investissements sont imposés au taux marginal, qui, dans certaines provinces, peut dépasser 50 %.

Les actions, les fonds communs de placement et autres titres devraient être détenus dans des comptes non enregistrés, puisque les gains en capital – c’est-à-dire les profits réalisés lors de la vente d’une action – et les revenus de dividendes y sont moins lourdement imposés. « Comme les bénéfices obtenus grâce à des titres à revenu fixe sont entièrement imposables, mieux vaut les faire fructifier à l’abri de l’impôt, explique Todd Sigurdson. Tandis que seulement 50 % des gains en capital sont imposables et que les revenus de dividendes permettent d’obtenir un crédit d’impôt. »

Soyez créatif grâce à d’autres types d’investissements

Parmi les investissements fiscalement avantageux figurent certaines polices d’assurance-vie, puisque le capital versé au bénéficiaire au moment du décès de l’assuré est exempt d’impôt. « Si vous songez à la manière dont vous transmettrez votre patrimoine à la prochaine génération, cela peut certainement influencer vos choix d’investissements », affirme Nicholas Cheung.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un investissement en soi, il est également judicieux de rembourser nos dettes – particulièrement celles des cartes de crédit, dont le taux d’intérêt est élevé. « S’il est égal ou supérieur à 18 %, n’attendez pas avant de payer votre compte. Vous trouverez difficilement un investissement dont le rendement est équivalent », prévient Todd Sigurdson.

Si vous avez de telles décisions à prendre dans le cadre de votre planification, c’est bon signe. Cela signifie que vous avez économisé scrupuleusement et que vous disposez de suffisamment d’argent pour en mettre davantage de côté. N’oubliez pas de tenir compte de l’impôt, de planifier pour vos besoins futurs et de faire quelques expérimentations. Pendant des années, Nicholas Cheung a placé son argent dans une variété de comptes et, tant qu’il aura des fonds, il continuera à le faire. « Il y a d’abord mon REER, mais j’ai aussi plusieurs autres options. »

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