La revue de l’année 2018

La dernière année a été tout sauf tranquille. Notre analyse des événements des 12 derniers mois.

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Ce n’était qu’une question de temps avant qu’on assiste à un repli des marchés mondiaux. Après des années de croissance, la Bourse américaine est tombée dans le rouge pour la première fois depuis 2008. Idem pour le marché canadien, qui n’avait pas présenté de résultats négatifs depuis 2015. Les 12 derniers mois ont été marqués par une volatilité grandissante, une incertitude dans les échanges commerciaux, des complications pour le pétrole brut et une baisse de la croissance des bénéfices des entreprises au dernier trimestre. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la dernière année s’est déroulée sous le signe de l’instabilité. Les investisseurs ont eu droit à une importante leçon : si les marchés montent, c’est qu’ils peuvent aussi redescendre. Voici ce que 2018 nous a réservé.

Canada : instabilité du secteur pétrolier

Le Canada est une nation diversifiée, mais le rendement de son marché boursier est déterminé par trois secteurs : l’énergie, la finance et les matériaux. Bien que tous ces secteurs aient connu une baisse cette année, c’est celui de l’énergie qui a été le plus durement touché, avec une diminution d’environ 30 %. On doit cette perte à la chute des prix du pétrole : le tarif du West Texas Intermediate a dégringolé de 40 % au cours des deux derniers mois, tandis que la valeur du pétrole canadien a atteint des creux sans précédent. La signature d’un accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique a toutefois permis d’apaiser certaines incertitudes commerciales. Quant aux actions des entreprises de cannabis, elles ont contribué à stabiliser le marché intérieur pendant une partie de l’année, mais les gains obtenus au début de 2018 ont été largement restitués à la suite de la légalisation du cannabis.

États-Unis : problèmes commerciaux et technologiques

On a d’abord cru qu’il s’agirait d’une autre excellente année pour le marché américain. L’économie était florissante, les actions à la hausse et la bourse peu affectée par les tweets trumpiens et les autres débats politiques. La situation a toutefois changé en octobre, lorsque de nombreux investisseurs ont commencé à s’inquiéter de la guerre commerciale opposant les États-Unis à la Chine, et de son impact sur la croissance économique. En 2018, des droits de douane de 10 % ont été imposés sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises. Les plus frileux ont voulu toucher leurs bénéfices sans attendre, faisant chuter les actions FAANG – Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google – qui étaient en tête des marchés depuis des années.

Taux d’intérêt : les banques centrales plus strictes

Au cours de la dernière année, la Banque du Canada (BDC) et la Réserve fédérale ont continué de hausser leurs taux : la première a augmenté trois fois son taux au jour le jour, tandis que la seconde a majoré à quatre reprises celui des fonds fédéraux américains. Ces deux banques centrales ont proposé des augmentations plus rapidement que par le passé. Pourquoi ? Afin de contrôler l’inflation et d’éviter que l’économie nord-américaine s’emballe. La hausse des taux peut toutefois nuire aux marchés, car les obligations deviennent alors plus attrayantes que certaines actions. De plus, cela incite les entreprises et les consommateurs à moins dépenser, afin d’éviter de s’endetter davantage. Signalons que d’autres hausses sont à prévoir en 2019.

Bénéfices : une belle croissance, mais ralentie

En général, 2018 a été une autre excellente année pour les entreprises, plusieurs d’entre elles ayant augmenté leurs bénéfices de plus de 20 %. En fin d’année, cette hausse a toutefois connu un ralentissement, passant de 25,7 % au troisième trimestre à 12,8 %, selon les estimations de FactSet. Bien que ce chiffre ne soit pas mauvais en soi, cette baisse a causé des inquiétudes chez les investisseurs. Avec la hausse des droits douaniers et la fin de l’effet des baisses d’impôts sur les bénéfices des entreprises américaines – et étant donné que le secteur canadien de l’énergie souffre de la baisse des prix du pétrole – on peut s’attendre pour 2019 à un ralentissement des bénéfices des deux côtés de la frontière.

Volatilité : des hauts et des bas à prévoir

Le mot qui résume 2018 ? Volatilité. Après un excellent début d’année, les marchés ont dégringolé, remonté la pente, chuté de nouveau, puis ils se sont redressés avant de s’effondrer. L’indice VIX, qui permet de mesurer la volatilité des marchés, a monté de 190 % au cours de l’année, alors qu’il avait atteint un plancher record en 2017. La volatilité risque de persister cette année et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. D’un point de vue historique, les marchés sont fréquemment volatils et ce qu’on a pu observer en 2018 est assez courant. Avec les conflits commerciaux qui risquent de se prolonger en 2019, les taux d’intérêt qui augmenteront et les investisseurs qui seront tentés de réaliser leurs profits après des années de croissance, la volatilité n’est pas prête de s’arrêter.

Miser sur des investissements diversifiés à long terme

« Bien que personne ne se réjouisse de la baisse des rendements, on peut tirer certaines leçons de l’année qui vient de s’écouler », croit Christine Décarie, vice-présidente principale et gestionnaire de portefeuille à Placements Mackenzie. Premièrement, les investisseurs doivent se rappeler l’importance de la diversification. « Il faut investir dans un portefeuille diversifié à l’échelle mondiale, ce que certains peuvent avoir oublié pendant que les marchés grimpaient », ajoute-t-elle. Deuxièmement, les investisseurs doivent envisager le long terme. Personne n’aime la volatilité, mais il faut tenir bon. « C’est facile de choisir de se retirer du marché, mais ce l’est moins de trouver le bon moment pour y revenir », conclut-elle.
 


L’année en chiffres

En date du 31 décembre 2018

14 322 Indice composé S&P/TSX

23 327 Indice Dow Jones Industrial

45,41 $ Prix du pétrole brut de West Texas Intermediate

0,7427 $ Taux de change CAD—USD à la fin de 2018

2 % Estimation de la croissance du PIB canadien en 2018 (Banque du Canada)

3,7 % Estimation de la croissance du PIB mondial en 2018 (FMI)

1,75 % Le 1er janvier 2018, le taux directeur de la Banque du Canada a augmenté de 1 %.

20,3 % L’estimation de la croissance des revenus des entreprises américaines en 2018.

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