Confusion immobilière

Le marché immobilier évolue en dents de scie et devient plus complexe que jamais. Quelle est la marche à suivre si on désire vendre ou acheter ?

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En 2016, Sandi Hamilton et son mari ont fait une offre d’achat pour une maison qui, en raison d’un jeu de surenchère, a été refusée. Dès lors, ils ont vu la valeur de l’immobilier grimper en flèche dans le quartier de Toronto où ils louaient un appartement. « La concurrence était forte. Les investisseurs étaient aux aguets. On ne pouvait pas faire une offre d’achat conditionnelle à la vente de notre propriété, et même les maisons à rénover se vendaient à un prix exorbitant », affirme Sandi.

Au printemps 2017, sur la rue où elle habitait avec son mari, deux petites maisons jumelées se sont vendues 1,6 million de dollars. Ils ont alors décidé de prendre une pause, après un an de recherche. « Les prix étaient tellement fous qu’ils ne pouvaient que redescendre », poursuit cette mère au foyer.

Sandi avait raison : peu de temps après qu’ils aient interrompu leurs recherches, les prix ont commencé à baisser, conséquence d’un ralentissement du marché de l’immobilier au Canada. En mai dernier, selon le Toronto Real Estate Board, les ventes de maisons avaient chuté de 22 %, et les prix, de 6,6 % comparativement à l’année précédente. De son côté, l’Association canadienne de l’immeuble indique que, pour l’ensemble du pays, les ventes ont diminué de 16,2 % durant cette même période.

« Avec cette instabilité – causée par l’imprévisibilité du gouvernement américain et la décision d’instaurer des réglementations qui ont eu pour effet de ralentir le marché –, il est plus difficile de choisir le bon moment pour acheter ou vendre. »

Bien que les prix aient rebondi en juin, le marché immobilier est encore dominé par l’incertitude. On doit ce ralentissement à des règles hypothécaires plus strictes, des taxes imposées aux acheteurs étrangers en Colombie-Britannique et en Ontario, de même qu’à une hausse des taux d’intérêt, qui poussent les Canadiens à y réfléchir deux fois avant d’acheter ou de vendre.

« Avec cette instabilité – causée par l’imprévisibilité du gouvernement américain et la décision d’instaurer des réglementations qui ont eu pour effet de ralentir le marché –, il est plus difficile de choisir le bon moment pour acheter ou vendre, croit Phil Soper, président de Royal LePage. Les acheteurs ont été mis sur la touche, autant que les vendeurs. »

Alors, que faut-il faire si on veut vendre ou acheter ?

Observez les tendances

Les acheteurs, les vendeurs et leurs agents ont avantage à suivre de près les tendances et les prévisions du marché, pour tenter de savoir la direction qu’il prendra. Selon une étude publiée par Royal LePage en juillet 2018, il pourrait être trop tard pour ceux qui désirent acheter une résidence à Toronto ou à Vancouver. « Le marché semble avoir atteint son plus bas niveau », observe Phil Soper, ajoutant que, d’ici l’automne, la valeur des résidences dans certains quartiers sera à nouveau « douloureusement élevée ». Ce n’est toutefois pas le cas partout. L’expert rappelle que les prix à Edmonton et à Regina continuent de baisser, et que les marchés de Halifax et de Montréal sont dynamiques. Si les prix sont en ascension dans votre région, il est peut-être temps d’acheter avant qu’ils augmentent davantage.

Tenez compte de la saison

Il est absurde d’attendre que le marché s’effondre pour acheter une maison. Cela dit, les acheteurs feront une meilleure affaire à certains moments de l’année et les vendeurs obtiendront un prix plus élevé à d’autres périodes. Les premiers devraient viser les hivers froids ou les étés chauds, tandis que les seconds auront plus de succès au printemps et à l’automne, lorsque les gens sont avides de changement. « Le meilleur moment pour acheter, c’est quand les autres ne sont pas occupés à le faire », souligne Phil Soper. L’offre est certes moins diversifiée en hiver et en été, mais il est possible de trouver un endroit qui vous plaira à bon prix.

N’attendez pas de faire du profit

Il peut être tentant d’envisager l’immobilier comme un investissement offrant des rendements élevés, mais les gains de plus de 10 % sont un phénomène plutôt récent. « Normalement, les bénéfices sont d’environ 5 % sur un certain laps de temps », note Phil Soper. Or, la possibilité de faire un profit rapidement incite plusieurs vendeurs à vouloir gagner le plus d’argent possible avec leur maison. Selon l’expert, il est toutefois préférable de vendre lorsque cela nous convient le mieux, même si le prix n’est pas aussi élevé qu’on l’aurait souhaité. « Dans bien des cas, c’est la famille qui détermine le meilleur moment pour déménager », poursuit-il.

Réfléchissez avant de déménager dans plus petit

Autrefois, il était courant de vendre sa maison en banlieue à bon prix pour ensuite acheter un condo plus abordable. De nos jours, ce n’est plus aussi facile. Le prix des copropriétés est en hausse, tandis que les ventes de résidences en périphérie des grands centres urbains ont connu une baisse importante depuis l’an dernier. Si la valeur de votre maison a chuté au cours des derniers mois, patientez le temps que celle-ci augmente avant de la mettre en vente. Par contre, dans le cas des condos, « attendre ne fera pas baisser leur prix », prévient Phil Soper.

Cela dit, si c’est ce type d’habitation que vous recherchez, optez pour des zones où les terrains sont moins chers, comme les banlieues ou les petites municipalités. Selon Phil Soper, les promoteurs construisent de plus en plus de condos à l’extérieur du centre-ville.

Sandi Hamilton, elle, attend toujours de trouver la maison idéale. Bien que les prix aient baissé dans le secteur qui l’intéresse, ils sont encore plus élevés qu’il y a deux ans, au moment où ses recherches ont commencé. Compte tenu du montant d’argent en jeu, elle veut s’assurer de faire le bon choix : « Je voudrais être propriétaire d’une maison, mais je ne dois pas seulement me baser sur mes émotions pour prendre cette décision. »

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