Réussir un partenariat d’affaires

Vous aimeriez lancer une entreprise avec un ami ? Voici comment s’assurer que votre compagnie (et votre relation) fructifie.

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Lorsque Meghan Chayka a lancé la firme d’analyse sportive Stathletes avec John Chayka et Neil Lane, il y a huit ans, elle ne redoutait pas de se lancer en affaires avec des associés. John est son frère (aujourd’hui directeur général des Coyotes de Phoenix) et Neil est un ami proche qui a vécu avec sa famille pendant un certain temps. « Nous avions eu la chance de bien nous connaître », lance-t-elle.

Évaluez la dynamique de la relation et discutez de certains aspects organisationnels, dont le rôle de chacun et la direction que prendra éventuellement l’entreprise.

Le trio avait déjà élaboré d’autres plans d’affaires auparavant. « Nous connaissions les aptitudes de chacun, sa façon de communiquer, ses valeurs fondamentales, ses forces et ses faiblesses. Ça facilite beaucoup les choses », admet Meghan Chayka, qui habite Toronto.

Stathletes n’est pas la seule entreprise à avoir ainsi vu le jour : les exemples d’amis ou de connaissances qui, en discutant d’un concept, décident de s’associer pour concrétiser leur idée sont nombreux. Mais contrairement à Meghan Chayka, qui a vécu une expérience positive avec ses cofondateurs, il arrive souvent que des associés ont du mal à s’entendre. Que vous souhaitiez démarrer une entreprise avec un partenaire ou que vous prévoyiez demander de l’aide pour gérer celle que vous avez fondée, voici quelques facteurs à considérer pour établir un bon partenariat d’affaires.

S’assurer d’être compatible

Karen Fischer, associée au cabinet d’experts-conseils RK Fischer and Associates, à Whitby, en Ontario, a vu de nombreux partenariats échouer. « Certains associés refusent désormais de souper ensemble », observe-t-elle. Elle cite notamment le cas de deux amis – l’un ayant une personnalité de type A, l’autre étant un grand anxieux – qui se sont lancés en affaires ensemble. « Ils n’arrivaient pas à s’entendre et leur performance en a souffert. » Selon elle, si deux futurs associés ont des personnalités radicalement opposées et qu’ils ont déjà des désaccords avant même de lancer leur entreprise, on peut s’attendre à des problèmes.

Avant de passer aux choses sérieuses, Karen Fisher suggère d’évaluer la dynamique de la relation et de discuter de certains aspects organisationnels, dont le rôle de chacun et la direction que prendra éventuellement l’entreprise. Meghan Chayka est du même avis : « Parfois, les gens évitent les discussions difficiles. Il vaut toutefois mieux parler de ses attentes dès le départ, tout en étant ouvert et honnête », conseille-t-elle.

Les bons contrats font les bons amis

Selon Karen Fischer, il est essentiel de signer un pacte d’actionnaires afin de protéger les deux parties et la nouvelle entreprise. On y indique quelles seront les responsabilités de chacun, comment les actions seront distribuées, combien chacun investira et la manière dont les décisions seront prises. On peut également y ajouter des clauses comme le droit de premier refus, qui permet de racheter la part de l’autre avant qu’une tierce partie en ait la possibilité, ou encore pour prévoir ce qui adviendra si notre associé est déclaré inapte. « Plus vous serez précis, moins vous risquez d’avoir des conflits », affirme l’experte.

L’importance de la communication

Comme dans un mariage, la communication est essentielle en affaires, croit Meghan Chayka, elle-même en contact continuel avec ses associés grâce à des applis de messagerie comme Slack et le vidéoclavardage. « La technologie permet de maintenir une communication fluide et de toujours rester en contact. Chaque semaine, nous discutons d’occasions d’affaires et des plus récentes innovations », dit-elle, ajoutant que les points de vue divergents sont les bienvenus.

Karen Fischer estime d’ailleurs qu’il est bon de travailler dans un environnement où l’on peut affirmer son désaccord, puisqu’il en résulte parfois de bonnes idées. La clé est de savoir gérer les divergences. « On doit apprendre à faire des compromis et à travailler ensemble », précise-t-elle.

Attendez-vous à des turbulences

Selon Karen Fischer, tous les partenariats finissent par affronter des problèmes. Lorsque les associés commencent à travailler chacun de leur côté, arrêtent de communiquer ou cachent des secrets, c’est mauvais signe. On peut alors mettre en place un comité consultatif qui pourra régler les litiges et faire des recommandations.

Meghan Chayka admet que tout n’est pas toujours rose chez Stathletes et qu’il y a eu certaines difficultés. Celles-ci ont toutefois contribué à solidifier l’entreprise et sa relation avec ses cofondateurs. « C’est facile de blâmer son équipe, mais vaut mieux savoir en tirer des leçons », assure-t-elle.

En plus d’analyser les statistiques de hockey, les performances des joueurs et des équipes, Stathletes est sur le point d’élargir ses horizons en y incluant le hockey féminin et d’autres sports. Il s’agit d’une étape cruciale pour l’entreprise, mais compte tenu de ses bons rapports avec ses associés, Meghan Chayka a confiance que tout ira bien : « Nous avons su adopter la position gagnante ! »

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