Au secours ! Mon enfant veut aller à Harvard !

Les écoles d’élite américaines sont prestigieuses, mais tout aussi coûteuses. Avez-vous les moyens de financer les études de votre enfant dans une institution chez nos voisins étatsuniens ?

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Ann Dugan a déjà entendu quelqu’un dire qu’étudier dans une université américaine était l’équivalent financier de « conduire une Lexus sur le bord d’une falaise, une fois par année ». Le destin a voulu que ses trois enfants souhaitent obtenir un baccalauréat dans de petits établissements américains. Un choix coûteux mais qui, selon elle, en vaut la peine.

« Les universités d’arts libéraux n’existent pas au Canada », déplore Ann Dugan, qui a quitté Boston pour vivre à Toronto, après avoir fait de brèves études au Oberlin College, un modeste établissement de l’Ohio. (Son mari, Paul, originaire de Montréal, a fréquenté l’université de Princeton). « Dans les grandes écoles, les cours magistraux sont donnés devant 3000 étudiants qui ont peu de contact avec leurs professeurs. C’est facile de s’y perdre. »

Plusieurs raisons poussent les Canadiens à vouloir fréquenter une université américaine, qu’il s’agisse de la diversité des programmes offerts ou du prestige de ces institutions.

Compte tenu de son pays d’origine, cette ancienne journaliste a toujours pensé que ses enfants pourraient un jour vouloir étudier dans une école américaine. C’est pourquoi elle et son mari, un spécialiste en placements, ont commencé à épargner pour leur scolarité dès leur plus jeune âge. « Nous sommes économes », admet-elle. Il en coûte environ 50 000 $ US par année pour couvrir les frais de scolarité, le logement et les repas de chaque enfant. (Leur aîné a étudié au Williams College, au Massachusetts, où les frais de scolarité pour l’année 2018-2019 s’élèvent à 55 140 $ US, plus 14 500 $ US pour une chambre en pension complète.)

Bien que cela représente beaucoup d’argent, plusieurs parents parviennent à défrayer ces coûts. Chaque année, environ 27 000 jeunes Canadiens font leurs études postsecondaires aux États-Unis, sans compter les milliers d’autres qui possèdent la double nationalité, comme les enfants d’Ann Dugan. Ce type de scolarité s’avère accessible si on économise intelligemment et si on choisit la bonne école.

Réduisez les coûts

Plusieurs raisons poussent les Canadiens à vouloir fréquenter une université américaine, qu’il s’agisse de la diversité des programmes offerts ou du prestige de ces institutions. Selon Jenika Heim, une conseillère d'EducationUSA, qui rencontre de nombreux étudiants étrangers, ceux-ci doivent débourser entre 35 000 $ et 55 000 $ par année pour décrocher un diplôme dans une école d’élite américaine.

Selon elle, il existe heureusement plusieurs manières de réduire les coûts. Certaines écoles offrent en effet une aide financière adaptée aux besoins des étudiants, en plus de bourses académiques et sportives. Les universités de l’Ivy League sont particulièrement généreuses avec les jeunes à faible revenu. Les ménages dont les revenus totalisent plus de 150 000 $ doivent toutefois payer l’intégralité des frais de scolarité, de logement et de repas, qui s’élèvent à 67 580 $ pour un établissement comme Harvard.

En outre, de nombreuses écoles ont conclu des ententes transfrontalières pour les frais de scolarité. Par exemple, les Ontariens peuvent fréquenter l’Université de Wayne State, à Detroit, pour environ 6500 $, soit le même coût que celui réclamé aux résidents du Michigan. Et les universités du Dakota du Nord offrent les mêmes conditions aux jeunes de la Saskatchewan, indique Jenika Heim.

Les étudiants peuvent également bénéficier des programmes de prêts provinciaux, comme l’Aide financière aux études (AFE) du gouvernement du Québec, mais ces fonds ne couvrent pas tous les frais, précise Jenika Heim. Vous devez prévoir suffisamment d’argent pour que votre enfant puisse cheminer dans le programme qu’il a choisi.

Miser sur un REEE

Que vous l’utilisiez pour couvrir les frais encourus dans une université canadienne ou américaine, un régime enregistré d’épargne-études (REEE) est un excellent moyen de faire fructifier l’argent que vous avez mis de côté pour la scolarité de votre enfant, tout en bénéficiant d’un report d’impôt. Vous pouvez également obtenir une Subvention canadienne pour l’épargne-études jusqu’à concurrence de 500 $ par année et, pour les ménages à faible revenu, le Bon d’études canadien équivaut à un total de 2000 $ qui est ajouté au REEE.

On peut utiliser tout l’argent placé dans un REEE pour financer des études dans une université américaine. Le seul hic : pour bénéficier d’une subvention ou d’un bon d’études, l’étudiant doit demeurer un résident canadien au point de vue fiscal, affirme Todd Sigurdson, directeur général de la planification successorale au Groupe Investors.

Si votre enfant revient au Canada pendant l’été, que ce soit pour des vacances ou pour travailler, il sera considéré comme un résident canadien. Par contre, s’il passe la belle saison aux États-Unis, il pourrait perdre ce statut et ne plus être admissible à cette prestation gouvernementale. « Il faut vous assurer que votre enfant comprenne les enjeux liés à son statut de résident pour éviter les mauvaises surprises lorsque viendra le temps de puiser dans son REEE pour financer ses études », prévient Todd Sigurdson.

Tenez compte des extras

Prévoyez le coût du transport pour quelques séjours à la maison au cours de l’année. Cela pourrait revenir au même que si votre enfant fréquentait une université d’une autre province canadienne, et peut-être moins s’il étudie dans un État comme la Floride (selon votre lieu de résidence, les billets d’avion peuvent être très abordables).

Par ailleurs, le taux de change et les fluctuations des devises pourraient gruger votre épargne-études. C’est la raison pour laquelle Ann Dugan a mis de côté de l’argent en dollars américains.

Enfin, en plus du baccalauréat américain qui dure quatre ans, d’autres diplômes d’études supérieures et professionnelles peuvent s’ajouter à la facture. Ann Dugan est heureuse que ses trois enfants aient presque terminé leur coûteuse scolarité américaine, mais il se peut qu’un d’entre eux désire étudier davantage. Si tel est le cas, Ann appuiera son choix. « Il y a des chances qu’ils veuillent y retourner ! », croit-elle.

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