Une retraite au paradis

Certaines personnes désirent passer leurs vieux jours sous des latitudes plus clémentes. Voici les formalités à tenir compte pour prendre sa retraite à l’étranger.

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En 2009, Bernd Sawatzki et sa femme, Margaret, ont vendu leur maison de Caledon, en Ontario, ils ont fait leurs valises et déménagé au Mexique. Quelques années plus tôt, des problèmes cardiaques avaient incité Bernd à vendre son entreprise de décoration et de construction. « Lorsqu’on a subi un triple pontage, on voit les choses différemment », lance ce retraité de 73 ans.

Ce n’est pas parce que vous quittez le pays que vous échappez à l’Agence du revenu du Canada.

Peu de choses retenaient les Sawatzki au Canada : leurs deux enfants vivaient à l’étranger et leur famille élargie se trouvait en Allemagne. Ils ne voyaient donc pas l’intérêt de passer seulement six mois dans le Sud, ce qui impliquait de laisser leur maison vide pendant tout ce temps.

Près d’une décennie plus tard, ils habitent une résidence qu’ils ont fait construire au bord d’un lac, près de Guadalajara. Ils sont en bonne santé et ont une vie bien remplie grâce à leurs passe-temps et leurs amis.

Certains Canadiens rêvent eux aussi de passer leur retraite sous les tropiques. Un projet qui implique planification et paperasses, notamment concernant les impôts et certaines formalités, mais tout à fait possible.

Faites vos devoirs

Avant de vous défaire de toutes vos possessions, renseignez-vous autant que possible et séjournez dans votre futur pays d’accueil, recommande Jeanette Boleantu de la firme Expatriate Group, de Calgary, qui offre des conseils fiscaux aux expatriés. Par exemple, louez votre maison pendant un an avant de la vendre.

Cherchez de l’information sur des sites Web spécialisés ou auprès de professionnels de confiance – vos amis ont certes les meilleures intentions en vous prodiguant leurs conseils, mais la situation de chacun diffère. Faites appel à des comptables, à des avocats et à des courtiers d’assurance qui cumulent de nombreuses années d’expérience auprès d’expatriés. Selon Jeanette Boleantu, les directives concernant les déclarations fiscales et les visas changent souvent, d’où l’intérêt d’opter pour quelqu’un dont les connaissances sont à jour.

La saison des impôts

Ce n’est pas parce que vous quittez le pays que vous échappez à l’Agence du revenu du Canada : Bernd Sawatzki remplit chaque année sa déclaration fiscale et paie sa part pour ses revenus de placements canadiens. Selon votre situation, vous pourriez – ou non – devoir en produire une. Par exemple, si vous recevez des dividendes d’actions ou si vous louez une propriété au Canada, vous devrez payer de l’impôt ici.

Selon Jeanette Boleantu, cela ne devrait toutefois pas être un élément dissuasif. « Vous n’avez pas à sortir votre argent du Canada », explique-t-elle. En gardant votre condo ou votre chalet, vous aurez un endroit où loger si vous revenez. En revanche, si vous transférez vos actifs financiers, vous devrez alors payer de l’impôt dans votre pays d’adoption.

Toujours Canadien ?

Beaucoup de gens s’inquiètent de perdre leur citoyenneté en déménageant à l’étranger, ce qui n’est pourtant pas un problème, selon Jeanette Boleantu. « Vous n’aurez pas à renoncer à votre passeport », assure-t-elle. Vous restez un citoyen canadien. Quant à vos obligations fiscales, elles découlent davantage de la provenance de vos revenus que de votre lieu de résidence. (Par contre, si vous demeurez à l’étranger pour plus de cinq ans, vous ne pourrez plus voter. Cette loi est toutefois en cours de révision.)

De plus, vous pourrez probablement recevoir des prestations du Régime de pensions du Canada et de la Sécurité de la vieillesse. Pour ce faire, vous devez avoir contribué à ces régimes pendant 20 ans, mais dans certains pays, le nombre d’années exigé est moindre, compte tenu d’un accord de sécurité sociale conclu avec le Canada. Des agents gouvernementaux et vos conseillers vous aideront à déterminer si vous êtes admissible.

Santé et bonheur

Si vous vivez à l’étranger, vous n’aurez plus droit à l’assurance maladie de votre province. Il est donc essentiel de souscrire à une protection privée. Essayez également d’obtenir la couverture médicale offerte dans votre pays d’adoption – c’est ce que les Sawatzki ont fait. Si vous devez revenir au Canada – selon Jeanette Boleantu, plusieurs le font le jour où ils requièrent des soins de longue durée, par exemple –, vous pourrez aisément vous réinscrire au régime d’assurance maladie de votre province, bien qu’il puisse y avoir des délais avant d’obtenir cette protection.

Une fois que vous vivrez à l’étranger, mieux vaut faire appel à des professionnels canadiens pour vos impôts et tout problème qui pourrait survenir. Voilà le prix à payer pour une retraite au paradis. « Nous comptons rester ici jusqu’à la fin de nos jours, confie Bernd Sawatzki.  Nous avons tout ce qu’il nous faut, y compris du beau temps tous les jours. »

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