Comment réconforter un ami

Vous avez peur de commettre un impair lorsque quelqu’un fait face à une tragédie ? Voici une approche simple à adopter.

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En 2003, alors qu’elle n’était âgée que de 14 ans, la nièce de Susan Silk a reçu un diagnostic de lymphome. Pendant cette période extrêmement difficile, certaines personnes ont ressenti le besoin d’aborder le sujet avec sa belle-sœur, mais pas toujours de manière appropriée. On lui posait des questions indiscrètes sur le diagnostic et le traitement, ou on lui donnait des conseils qu’elle n’avait pas demandés, ce qui a contribué à rendre ces moments encore plus pénibles.

Tous ces gens qui ont donné leur avis sur le diagnostic d’Emily avaient probablement de bonnes intentions. Savoir quoi dire à quelqu’un qui traverse une épreuve exige une habileté difficile à maîtriser. Certains empirent les choses malgré eux en faisant des commentaires en ligne ou en personne. D’autres évitent au contraire de dire ou de faire quoi que ce soit de peur de les froisser.

Afin d’aider les gens à réagir de la bonne manière, Susan Silk, qui est psychologue clinicienne à Southfield, au Michigan, a élaboré la théorie des anneaux. Cette technique qui gagne en popularité nous apprend comment faire preuve de compassion lorsque surviennent certaines situations difficiles, comme un décès ou une perte d’emploi.

L’idée, c’est que ce genre d’événement affecte des cercles concentriques de personnes. Il y a d’abord le cercle restreint d’individus directement touchés par le drame. Puis, tout autour, d’autres cercles de gens qui sont concernés à divers degrés. Dans le cas d’Emily, celle-ci était au centre, ses parents dans le premier anneau, ses grands-parents dans le suivant, Susan Silk et son mari venaient ensuite, puis ses amis et ainsi de suite. Pour éviter de troubler ou de solliciter inutilement les personnes au cœur d’un drame, on devrait offrir uniquement notre réconfort aux anneaux intérieurs et adresser nos peurs, nos frustrations et nos questions à ceux de l’extérieur.

« J’ai pris conscience que les personnes principalement touchées – le cercle restreint – ressentaient le besoin de se replier sur elles-mêmes, explique Susan Silk. Elles sont en mode survie et elles ne peuvent gérer rien de plus complexe que : “Voulez-vous du café ou du thé?” »

« Ne dites pas à quel point c’est difficile pour vous, mais plutôt combien cela doit être éprouvant pour elle. Si vous hésitez sur le choix des mots, allez-y pour une formule simple telle que : “Je suis sincèrement désolé de ce que vous vivez.” »

Quoi dire

Lorsqu’on présente ses condoléances, Susan Silk suggère de se concentrer sur la personne à qui on les offre. « Elle est à un moment où ses ressources émotionnelles sont très fragiles. Ne dites pas à quel point c’est difficile pour vous, mais plutôt combien cela doit être éprouvant pour elle. Si vous hésitez sur le choix des mots, allez-y pour une formule simple telle que : “Je suis sincèrement désolé de ce que vous vivez.” »

Comment aider

Un mot gentil ou un commentaire sur les médias sociaux suffit-il ? Cela dépend de votre lien avec la personne et de l’ampleur du drame. Une attention spéciale, comme un message personnel, une carte ou des fleurs, sera sans doute plus appréciée qu’une simple phrase publiée sur Facebook.

N’hésitez surtout pas à offrir votre soutien, que ce soit en cuisinant un plat ou en gardant les enfants. Si vous ne savez pas comment aider, évitez de le demander aux personnes du cercle restreint qui sont exténuées et émotives, rappelle Susan Silk. Adressez-vous plutôt à ceux qui sont moins proches du noyau.

Ce qu’il faut éviter dire

Si vous avez vécu une expérience similaire, peut-être pensez-vous aider l’autre en lui racontant celle-ci. La plupart des gens qui traversent une épreuve n’ont toutefois pas envie d’écouter vos malheurs, même si votre histoire finit bien.

Évitez également d’offrir des condoléances qui invitent la personne à passer à l’action. Le but est d’alléger son fardeau, pas de l’alourdir. « Dites quelque chose qui n’impose rien, comme : “Je suis désolé de ce que vous traversez.” Puis, ajoutez : “Je te ferai signe plus tard.” Évitez : “Appelle-moi, s’il te plaît” ou “Comment vas-tu ?” », recommande Susan Silk.

Vous n’arrangerez rien en disant à quelqu’un que vous savez comment il se sent ou en lui donnant des conseils. Chacun vit le deuil ou résout ses problèmes à sa façon. « Souvent, des gens bien intentionnés disent à une veuve qu’elle devrait vider la garde-robe du défunt. C’est une mauvaise idée », poursuit la psychologue.

Si vous songez à publier un message sur les réseaux sociaux, assurez-vous de ne rien dévoiler avant que le cercle restreint ait la chance de le faire. Annoncer quelque chose hâtivement aura pour effet d’offenser les personnes concernées.

Enfin, ne dites pas que tout arrive pour une raison et qu’on se sort grandi d’une épreuve. Susan Silk raconte comment, à la mort de son fils, un voisin religieux avait affirmé que Dieu avait sans doute besoin d’un ange de plus. Sa réponse? « Oui, mais pas autant que j’ai besoin de mon fils. »

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