Sous emprise technologique

La dépendance au téléphone n’est pas (encore) un syndrome reconnu, même si la plupart des adultes font un usage excessif de leur appareil. Voici comment apprendre à en faire une utilisation modérée.

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Qu’il soit en train de marcher dans la rue, assis dans le métro ou en pause-repas, Sean Lamb a les yeux rivés sur son téléphone. « Je consulte Twitter des centaines de fois par jour, confie l’agent immobilier torontois. Et je ne veux rien rater des actualités sportives. »

Sean Lamb, 37 ans, est loin d’être le seul à utiliser son téléphone sans relâche, une habitude qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, touche tous les groupes d’âge. Une étude récente de Nielsen conclut en effet que 52 % des baby-boomers invitent la technologie à table, comparativement à 40 % seulement des milléniaux. Une autre étude explique que les gens manient leur téléphone 2617 fois par jour, en moyenne.

Il n’existe pas (ou, du moins, pas encore) de données scientifiques confirmant la dépendance à un appareil, mais tous ceux qui possèdent un téléphone intelligent savent à quel point il est difficile de le lâcher. Lisa Pont, travailleuse sociale dans un programme consacré au jeu compulsif et aux technologies au Centre for Addiction and Mental Health (CAMH) de Toronto, pense que de plus en plus d’études démontreront bientôt que la technologie peut être addictive. « La recherche tarde parfois, explique-t-elle. Les gens avaient des problèmes de jeux avant que le syndrome ne soit officiellement reconnu. »

Il existe plusieurs signaux d’alarme : l’anxiété de séparation de son téléphone (cela porte même un nom : la nomophobie) ; l’envie irrépressible de texter en conduisant ; l’augmentation du stress, après avoir consulté son téléphone ; et les plaintes des proches.

Trop, c’est trop

Bidouiller sur son appareil est devenu tellement normal que peu de gens s’offusquent à présent quand leur interlocuteur vérifie ses messages en plein milieu d’une conversation. Quand publier des photos de son repas est presque automatique, comment savoir si l’on a un vrai problème de dépendance ?

Il existe plusieurs signaux d’alarme : l’anxiété de séparation de son téléphone (cela porte même un nom : la nomophobie) ; l’envie irrépressible de texter en conduisant ; l’augmentation du stress, après avoir consulté son téléphone ; et les plaintes des proches.

Selon Lisa Pont, l’usage excessif peut créer de réels enjeux de santé, comme le fait d’écrire des textos au volant, l’apparition de tensions musculaires dans l’épaule et le cou, et des effets sur la santé mentale. « Sur Facebook et Instagram, les gens donnent à voir le meilleur de leur vie, leurs plus beaux voyages. Lorsqu’on compare sa vie réelle à la vie extériorisée des autres, c’est sûr qu’on finit par se sentir mal, » dit-elle.

Notre entourage peut aussi souffrir du fait qu’on passe trop de temps sur notre appareil. De plus, les téléphones portables donnent facilement accès à des activités potentiellement problématiques et addictives, comme les jeux de hasard, la pornographie et le magasinage en ligne.

Désintoxication au numérique

Voici donc quelques conseils pour reprendre le contrôle du temps que vous passez sur votre téléphone intelligent.

Faites le point : téléchargez une application de suivi de l’utilisation et faites un effort conscient pour évaluer votre utilisation réelle, en vous demandant si elle vous apporte vraiment quelque chose de positif, suggère Lisa Pont.

Refusez les notifications : les applications utilisent des notifications et des alertes afin de vous tenir en haleine. « Notre dopamine grimpe en flèche chaque fois que nous interagissons avec notre téléphone, quand il sonne ou qu’il bipe, quand on reçoit un “like”ou un nouveau courriel ».

Établissez des aires et des moments sans appareil : Sean Lamb et son épouse se débarrassent de leur téléphone quand ils passent à table avec leurs deux jeunes enfants. La nuit, le téléphone de l’agent immobilier ne franchit pas non plus le seuil de sa chambre à coucher. Il s’agit de deux stratégies qui aident effectivement à réduire l’usage, selon Lisa Pont. Par ailleurs, il est bon de faire savoir à son entourage qu’on ne leur répondra pas immédiatement et d’utiliser la fonction « ne pas déranger » pour se libérer de la lecture de messages lors de déplacements et de repas et en soirée.

Faites un horaire : choisissez un moment de la journée (après le souper, par exemple) pour consulter les médias sociaux et les résultats sportifs, et oubliez-les le reste du temps. « En le planifiant ainsi, vous savez quand vous allez le faire, et vous ne le faites plus par habitude ou automatisme », affirme Lisa Pont.

La technologie fait partie de nos vies et elle est utile. Mais pour s’assurer que le temps passé sur notre appareil est bénéfique et non néfaste, il faut consentir à faire quelques efforts. Sean Lamb reconnaît qu’il aura toujours besoin de son téléphone pour son travail et que sa femme et lui regardent la télé en navigant sur Twitter et Facebook. « Mais j’aimerais l’utiliser moins quand je suis avec mes enfants », confie-t-il. C’est un objectif louable, si l’on considère que de l’usage que nous faisons de la technologie dépend celui de la prochaine génération.

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