Pour ou contre la biométrie ?

Dans un futur proche, l’identification biométrique remplacera les mots de passe. Une solution pratique, qui comporte aussi des risques.

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Imaginez ouvrir votre porte d’entrée à l’aide de vos empreintes digitales, réinitialiser le mot de passe de votre messagerie par un simple balayage rétinien ou retirer de l’argent du guichet automatique grâce à la reconnaissance faciale.

Voilà qui semble inévitable dans un monde où la fraude est omniprésente et les pirates prêts à tout pour voler vos données. En 2016, aux États-Unis seulement, la fraude et les vols d’identité ont causé des pertes de 16 milliards de dollars américains.

Grâce aux données biométriques, soit des caractéristiques physiques qui sont uniques à chaque individu, il sera beaucoup plus difficile pour un fraudeur d’usurper votre identité et d’accumuler une montagne de dettes en votre nom.

Grâce aux données biométriques, soit des caractéristiques physiques qui sont uniques à chaque individu, il sera beaucoup plus difficile pour un fraudeur d’usurper votre identité et d’accumuler une montagne de dettes en votre nom.

Selon Robert Douglas, fondateur et PDG de l’entreprise torontoise BioConnect, cela devrait simplifier la vie des gens. Il n’y aura plus de mot de passe à mémoriser puisque la technologie de reconnaissance faciale confirmera votre identité lorsque vous serez au guichet automatique ou que vous voudrez accéder à un site Web. Cela facilitera aussi les contrôles de sécurité dans les aéroports.

« Combien de fois par jour doit-on prendre le temps de se rappeler un mot de passe ou de chercher nos clés ? Grâce à la biométrie, on n’aura plus à chercher ce genre de choses », se réjouit-il.

Cette technologie est déjà en marche : l’entreprise de Robert Douglas a développé un système permettant d’ouvrir des portes à l’aide d’empreintes digitales et le nouvel iPhone X peut être déverrouillé grâce à la reconnaissance faciale.

Selon Midori Ogasawara, doctorante en sociologie de l’Université Queen’s, en Ontario, l’avènement de la biométrie soulève toutefois plusieurs questions. Qu’en est-il de la vie privée ? Et si quelque chose tournait mal ?

Le droit à la vie privée

Tout juste après les attentats du 11 septembre, Midori Ogasawara a voulu écrire un article sur un nouveau système biométrique mis en place dans un aéroport japonais. Même si on lui avait donné l’autorisation de tester le dispositif, celui-ci lui refusait systématiquement l’accès.

Selon elle, le principe du faux négatif est courant en biométrie et c’est ce qui est préoccupant. Si la reconnaissance de votre identité échoue, il devient alors très difficile de prouver qu’on est bien la personne qu’on prétend être.

« Lorsqu’on divulgue ses renseignements biométriques à quelqu’un, on lui donne le pouvoir de déterminer qui nous sommes », prévient Midori Ogasawara.

Des organisations, comme la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, à Ottawa, observent comment cette technologie évolue désormais dans d’autres champs que les douanes. Tim McSorley, coordonnateur national de ce regroupement, croit que les Canadiens devraient s’interroger sur la collecte de telles données.

« Plus ce genre d’informations sont centralisées, plus il y a un danger pour la protection de la vie privée », met-il en garde. Si vos données biométriques sont piratées, les dommages seront plus importants encore.

Selon Robert Douglas, il revient à chacun de faire ses devoirs pour protéger sa vie privée. Par exemple, en demandant aux entreprises, que ce soit votre banque ou le fabricant de la serrure biométrique qu’on a installée sur votre porte, comment elles protègent votre identité.

« Tout dépend de la manière dont les produits sont conçus et si la confidentialité est une priorité », affirme Robert Douglas. Il ajoute que sa compagnie a recours à différentes méthodes de cryptage afin de protéger l’identité de ses clients.

L’avenir de la biométrie

Bien que la biométrie évoque l’univers de George Orwell, il n’est pas difficile d’imaginer un futur où elle sera intégrée dans presque toutes les sphères de la vie quotidienne. Tractic, une firme d’analyse des marchés, estime que cette industrie vaudra 15,1 milliards de dollars américains d’ici 2025.

« Les possibilités sont infinies. C’est très excitant », se réjouit Robert Douglas.

Dans un monde de plus en plus connecté, la biométrie aura le pouvoir de simplifier votre vie en faisant de vos caractéristiques biologiques un seul et même mot de passe pour vous identifier. Plutôt que de vous sentir dépassé, vous pourrez vous adapter plus aisément aux changements technologiques de votre environnement.

Comme l’affirme Tim McSorley : « Une empreinte digitale ne se change pas aussi facilement qu’un mot de passe. »

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