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Une famille philanthropique


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Une famille philanthropique


En plus d’être un super couple de l’industrie musicale, Raine Maida et Chantal Kreviazuk ont à cœur de redonner.

Les musiciens canadiens sont habituellement honorés par les prix Juno, MuchMusic Video, une étoile sur le Walk of Fame ou d’autres distinctions musicales. Mais il est plus rare pour eux de recevoir un prix dans un tout autre domaine : la philanthropie.

Le couple que forment Raine Maida et Chantal Kreviazuk (lui est le chanteur du groupe rock multiplatine Our Lady Peace, elle est chanteuse et pianiste solo en tête des palmarès) compte déjà de nombreux prix musicaux, mais un nouvel honneur s’est ajouté ce printemps à sa collection de récompenses : l’Ordre du Canada.

Maida et Kreviazuk sont bien plus que des musiciens. Ils consacrent une grande partie de leur vie à redonner. Ils ont amassé des fonds pour plusieurs organismes, dont War Child Canada, Polar Bears International et l’Association canadienne pour la santé mentale, en plus de sensibiliser les gens à leur cause.

Ils ont également quitté le confort et la sécurité de leur maison pour de nombreux voyages, ensemble et séparément. Avec War Child Canada, le duo a visité l’Irak, le Darfour et l’Éthiopie pour observer sur le terrain le travail de l’organisme qui aide les enfants dans des zones de conflit. « Vous pouvez lire tout ce que vous voudrez, mais à moins de rester sur place pendant un moment et de côtoyer les gens, c’est difficile de réellement comprendre la situation », explique Maida.

Recevoir l’Ordre du Canada, qui « reconnaît des réalisations exceptionnelles, le dévouement remarquable d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation », est bien sûr un immense honneur, mais il crée un petit malaise chez le couple. « J’ai grandi à Winnipeg. Je n’avais jamais entendu parler de ce prix en grandissant, dit Kreviazuk, 40 ans. Honnêtement, je me sens encore comme cette jeune fille. Je suis qui je suis et je fais ce que je fais, et je ne crois pas que je devrais en être récompensée. Mais je suis honorée que mes choix de vie soient considérés comme dignes d’une telle mention. »

Maida est d’accord. Il ne fait pas ses actions charitables pour la reconnaissance, mais parce qu’elles lui tiennent à cœur. Il sait aussi que même s’il contribue à aider, d’autres personnes méritent le prix plus que lui. « Bien franchement, nous l’acceptons en leur nom, affirme-t-il. Je commence toujours par dire qu’on ne se lève pas le matin avec le but de sauver des vies, comme le fait notamment War Child. Vu que le travail charitable n’est pas mon occupation principale, accepter un prix soulignant mes actions en ce sens est pour moi très étrange, mais j’espère que cela attire l’attention. »

Maida et Kreviazuk se sont rencontrés en 1996, à un concert de Pearl Jam à Toronto. Il était assis juste derrière elle. Ils se sont vite liés d’amitié et en 1999, après trois ans de vie commune, ils se sont mariés. Déjà très connus à cette époque, chacun d’eux avait en poche des albums au sommet des palmarès. Depuis, ils ont aussi écrit des succès pour Carrie Underwood, Kelly Clarkson, Jennifer Lopez, Gwen Stefani et d’autres. Les deux musiciens forment une excellente équipe pour composer, mais au fond, ce sont des modèles, des travailleurs ambitieux et des parents dévoués à leurs trois enfants : Rowan, 11 ans ; Luca, 9 ans ; et Salvador, 6 ans.

L’une des raisons de leur belle réussite sur les plans professionnel et philanthropique est qu’ils ont pris soin de ne pas s’empêtrer dans la célébrité. Ils sortent sous les projecteurs lorsque nécessaire, pour performer, faire de la promotion et défendre une de leurs causes. Ils se mêlent de leurs affaires, à moins que ce ne soit pour faire une différence.

Le parcours de chacun vers l’activisme est unique. Maida se souvient d’avoir reçu une brochure de Greenpeace ainsi qu’un autocollant d’Amnistie internationale et d’avoir parlé avec leurs représentants après un concert de Peter Gabriel au Maple Leaf Gardens à Toronto. Il s’est inscrit à la liste d’envoi d’Amnistie, puis au bulletin du groupe U2, dont le contenu était très politisé et axé sur la philanthropie, se rappelle-t-il. « Je me suis toujours bien entendu avec les musiciens dotés d’une conscience sociale. Et j’avais cette conscience dès mes débuts en tant qu’artiste, précise-t-il. C’est bien sûr lorsque j’ai connu les gens de War Child que j’ai fait de leur cause la mienne. Mais j’ai toujours cru que cela faisait partie du mandat d’un artiste, d’une certaine façon. C’était essentiel dans mon travail. »

Quant à Kreviazuk, aucun déclencheur particulier ne l’a poussée vers la charité. « J’ai toujours joué le rôle de la police judiciaire, été curieuse et remis en question l’establishment et le monde en général. Même enfant, je n’acceptais pas la pauvreté dans le centre-ville. J’étais consternée par la qualité de vie de notre population autochtone. Je me souviens de la générosité de mon père envers l’église et les ONG. »

Au début, Maida et Kreviazuk ne discutaient pas de questions sociales et politiques, et n’échangeaient pas leurs opinions sur des causes, raconte Maida. Liés à la même maison de disques, ils travaillaient sur leur musique et avaient peu de temps pour parler en général. C’est une soirée avec Samantha Nutt et Eric Hoskins, les fondateurs de War Child, qui a lancé leur aventure philanthropique commune. « Pendant le souper avec Sam et Eric au sujet de visiter l’Irak, nous savions que c’était un voyage qui nous intéressait. Ce périple et nos échanges avec War Child dans les années suivantes ont en quelque sorte donné le ton », dit Maida.

Les deux artistes n’avaient pas au départ l’intention d’appuyer les mêmes causes. Cela s’est produit naturellement. « Nous partageons les mêmes idées sur la nature de nos textes, nos sujets de discussion et ce qui nous passionne, mais nous n’avons jamais vraiment eu besoin de parler de nos croyances, souligne Maida. Heureusement, nous avons toujours été sur la même longueur d’onde. »

« Il était clair dès le début que Raine et moi étions faits pour nous défier sur le plan intellectuel, confie sa partenaire, et qu’il allait falloir plus que des motifs intéressés pour nous nourrir comme personnes et comme couple. La sensibilisation et l’ouverture sur le monde étaient essentielles. »

L’Ordre du Canada est assurément une étape marquante dans la vie du couple, mais le travail de celui-ci est loin d’être terminé. Maida espère que d’autres se rallieront à lui. Pour ceux et celles qui souhaitent redonner, mais qui ne savent pas par où commencer, il suggère de visiter le site Web Charity Watch, qui évalue différents organismes de bienfaisance américains. Il recommande aussi d’en découvrir le plus possible sur leurs responsables. « La philanthropie est une affaire de relations, croit-il. Apprenez à connaître les dirigeants. »

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