Les Gens

Cinq citoyens d’exception


  • Partager sur linkedin

Cinq citoyens d’exception


Altruistes, les Canadiens ? Ces cinq portraits de gens remarquables le confirment.

Les Canadiens ont la réputation d’être sympathiques, mais ont-ils l’âme charitable ? Oui, selon le World Giving Index de 2013, qui situe le Canada au deuxième rang des pays les plus philanthropes.Ces cinq Canadiens se sont illustrés ces dernières années pour avoir exercé une influence considérable, directe, sur la vie des gens. En épousant des causes qui leur tenaient à cœur, comme la justice sociale, l’industrie alimentaire ou le domaine de la santé, ils ont engagé des actions qui, pour nous, sont autant de sources d’inspiration.

1. Josh Harding

Gardien de but, Wild du Minnesota

hardingshope.org

La sclérose en plaques marque-t-elle la fin d’une carrière dans le hockey professionnel ? Cette maladie auto-immune s’attaque au cerveau, à la moelle épinière et peut entraîner une perte d’équilibre, de coordination et de vision. Pour le Saskatchewanais Josh Harding, 29 ans, ce diagnostic posé en septembre 2012 a plutôt marqué le commencement.

Diagnostic oblige, le gardien de but du Wild du Minnesota n’a joué que cinq parties dans la dernière saison, écourtée en raison du lockout. Or, à la suite d’une blessure du gardien partant, tôt dans la saison, le réserviste Harding a eu sa chance de briller.

Et on a vu des étincelles. Avant d’interrompre sa saison pour se soigner, Josh Harding a été l’un des meilleurs gardiens de la LNH cette année, un résultat remarquable compte tenu de la maladie, mais aussi du fait qu’il n’a jamais joué plus de 35 parties par saison.

Il aborde rarement son état de santé devant les médias, mais dans une entrevue accordée à People, en novembre, il a admis que son diagnostic l’avait effrayé. « J’ignorais si je pourrais continuer à jouer au hockey ou si je devrais me promener en fauteuil roulant », a-t-il déclaré.

Ce joueur inspirant a fondé Harding’s Hope, un organisme de bienfaisance qui vise à sensibiliser les gens à cette maladie et à aider ceux qui en sont atteints à débourser les frais élevés des traitements : « J’aimerais que les patients n’hésitent pas entre l’achat de médicaments ou de nourriture. Je veux leur épargner ce stress, et ainsi leur offrir une meilleure qualité de vie, plus épanouie. » – C.G.


2. Winnie Giesbrecht

Fondatrice de Familias de la Esperanza

familiasdelaesperanza.org

Il y a dix-sept ans, en vacances au Paradise Village à Puerto Vallarta, Winnie Giesbrecht et son mari demandent au propriétaire du complexe de les entraîner hors des sentiers battus par les touristes nord-américains.

La réalité qu’ils découvrent est sombre : des Mexicains (hommes, femmes et enfants) vivant dans un dépotoir en périphérie de la ville, fouillant dans les ordures pour se nourrir et trouver du plastique à vendre. Natifs de ce coin de pays, ils ne connaissent pas d’autre vie, et la situation dure depuis cinq générations.

Devant ce triste spectacle, Winnie Giesbrecht, 75 ans, femme des Premières Nations ayant grandi dans la pauvreté à Grand Rapids (Manitoba), se rappelle son enfance : « Je ne pouvais pas ne pas les aider. »

Le couple commence par apporter de l’eau, de la nourriture et des vêtements aux familles. Aujourd’hui, Familias de la Esperanza leur donne accès à une garderie et à une maternelle, et leur offre des programmes alimentaires, des cours pour adultes et une assistance médicale. La fondation a aussi financé la construction d’un immeuble de 70 logements, doté d’un centre d’apprentissage qui accueille les familles depuis 2014. Tous ne sont pas complètement sortis de leur misère, mais ils possèdent maintenant une carte d’identité en règle et reçoivent un salaire.

La mission organise également des visites du dépotoir, afin de sensibiliser les touristes et de les inciter à agir (en offrant des dons d’argent, de vêtements ou de temps). L’objectif est également de montrer le Mexique sous son vrai jour : « Le Mexique est une destination de vacances, soutient Winnie Giesbrecht, mais en réalité, ce pays fait partie du tiers-monde. Beaucoup de gens souffrent. » – C.G.

3. Dr Gordon Guyatt

Professeur émérite au Département d’épidémiologie clinique et de biostatistique de l’Université McMaster

À titre de médecin, de chercheur clinique et de professeur, le Dr Gordon Guyatt a eu l’occasion de constater certaines incohérences dans la pratique de son métier à travers le pays. Tandis que des traitements sont généralisés en dépit de l’absence de preuves tangibles, d’autres, hautement bénéfiques et validés scientifiquement, ne sont toujours pas appliqués.

Pour remédier à cette situation préoccupante, à la fin des années 1980, le Dr Guyatt et son équipe commencent à publier des guides de vulgarisation médicale, avec des conseils pour reconnaître une recherche biaisée, les études mal conçues, etc.

« [Les médecins] étaient complètement obnubilés par les paroles des représentants en produits pharmaceutiques », dit-il, avant de souligner que les experts non plus ne sont pas à l’abri d’une mésinterprétation. Le cas de l’hormonothérapie substitutive est un bon exemple. Largement recommandée au départ, on a ensuite découvert qu’elle n’était fondée que sur des preuves circonstancielles et qu’elle augmentait les risques de cancer du sein et de maladie cardiaque.

Le père de la médecine factuelle a vu ses nombreuses recherches, sur des sujets comme les préférences des patients, le cancer du poumon et l’efficacité des anticoagulants, récompensées par l’Ordre du Canada et le Lifetime Achievement Award, décerné par le British Medical Journal. En décembre 2013, le Dr Guyatt est nommé Chercheur de l’année en santé du Canada : « Quelle agréable surprise ! déclare-t-il au journal Métro. C’est très valorisant d’entrer dans l’histoire par la grande porte. » – W.G.

4. Rachel Parent

Militante anti-OGM

kidsrighttoknow.com

À 12 ans, à son école d’Aurora (Ontario), Rachel Parent dénonce déjà les organismes génétiquement modifiés (OGM), ainsi que leur impact sur son avenir et celui de la planète. Dès lors, si Rachel soulève la foule par ses discours, elle découvre aussi sa vocation : rallier les jeunes à sa cause. L’étiquetage des aliments est son principal cheval de bataille, afin d’informer les Canadiens sur la présence ou non d’OGM. À l’époque, présentés comme une solution à la faim dans le monde, les OGM ont ensuite été associés à certains types de cancer, d’allergies, de bactéries et de mauvaises herbes ultras résistantes, ces dernières étant dévastatrices pour l’environnement.

En 2011, Rachel fonde l’organisme sans but lucratif Kids Right to Know. Comptant plus de 8 300 abonnés sur Facebook, le mouvement encourage ses membres à participer à des manifestations et à exiger une plus grande transparence en matière d’OGM. Aujourd’hui âgée de 14 ans, Rachel fait partie des « jeunes leaders des Nations Unies » et est invitée à prendre la parole lors d’événements à travers le monde, dont la Marche contre Monsanto, une manifestation anti-OGM qui a lieu simultanément dans 400 villes, et Unis pour le changement, un événement organisé par Enfants Entraide.

Son plus grand moment de fierté ? Faire admettre à Kevin O’Leary, coanimateur grincheux de l’émission Lang and O’Leary Exchange sur les ondes de CBC, que nous faisons partie d’une énorme expérience scientifique et que les OGM devraient être étiquetés. Le débat télévisé a généré plus de deux millions de visionnements sur YouTube et attiré des messages de soutien à l’échelle internationale. – V.H.


5. Jeffrey Skoll

Ex-président d’eBay, fondateur de Participant Media et philanthrope

skoll.org

Tandis que certains milliardaires flambent leur fortune dans des soirées fastueuses aux quatre coins du monde, le Montréalais Jeff Skoll, lui, utilise son argent autrement.

En 1998, quand eBay devient une société publique, l’entrepreneur, en poste depuis deux ans, acquiert son premier million. Un an plus tard, il met sur pied la Skoll Foundation, pour encourager des projets où l’innovation et les compétences des entrepreneurs sont mises à profit pour améliorer la vie des gens. À ce jour, la fondation a financé 80 organisations sur cinq continents, en plus de gérer un portefeuille de 20 millions de dollars dans le domaine de l’investissement d’impact.

En 2004, Skoll fonde Participant Media, un studio de cinéma à vocation sociale, où plus d’une quarantaine de films ont été réalisés. Syriana, Une vérité qui dérange, Fast Food Nation et La couleur des sentiments comptent parmi les succès commerciaux produits par le studio.

Comme si ce n’était pas assez, l’homme de 49 ans, soucieux du sort de l’environnement, a créé le Skoll Global Threats Fund, qui s’attaque aux problèmes des changements climatiques, des pandémies et de la prolifération nucléaire.

Aux personnes fortunées qui n’ont pas encore ouvert leur portefeuille, il conseille de commencer bientôt. Il reconnaît qu’il est difficile pour les gens d’affaires occupés de se lancer dans la philanthropie, mais selon lui, une partie de leurs revenus devrait être réinvestie dans des causes sociales : « Les jeunes entrepreneurs se croient trop occupés à diriger leur entreprise. Mais je pense qu’ils font fausse route, a-t-il confié au Guardian en novembre. C’est en vieillissant qu’ils commencent à montrer de l’intérêt pour la philanthropie. » – C.G.

vous avez des questions?

Nos conseillers examineront vos objectifs financiers et vous aideront à trouver comment les réaliser.

trouver un conseiller