Le pessimisme des consommateurs a-t-il culminé?

Le nouvel indice de confiance des consommateurs canadiens de Harris/Décima-Groupe Investors révèle que:

  • Au Canada, l’indice global de confiance des consommateurs affiche une légère hausse pour la période de mai à août. L’indice se fonde sur une série de cinq questions grâce auxquelles il est possible d’obtenir le point de vue des gens par rapport aux conjonctures économiques actuelles et futures. Durant la même période, l’indice de l’Université du Michigan, son pendant américain, poursuit sa chute.

Plusieurs des cinq composantes de l’indice démontrent des changements statistiquement significatifs au cours des derniers mois :

  • Le pessimisme concernant les perspectives économiques pour l’année prochaine est en baisse, 38 % des répondants disent que les choses se détérioreront, comparativement à 32 % pour le période précédente. La baisse du pessimisme est moins élevée à plus long terme alors que 46 % des répondants s’attendent à une détérioration au cours des cinq prochaines années, comparativement à 43 % pour la période précédente.
  • Le nombre de personne qui disent s’attendre à ce que leur situation financière personnelle se détériore au cours de l’année à venir a également diminué de 3 points, passant de 20 % à 17 %. Le nombre de personnes qui déclarent que leur situation s’est détériorée depuis l’année dernière demeure stable à 24 %.
  • Le seul mouvement négatif observé a été pour la question de savoir si c’est maintenant un bon ou un mauvais moment pour faire des achats importants. Le nombre de personnes qui ont répondu que c’était « un mauvais moment » a très légèrement augmenté pour passer de 41 % à 42 %.

  • Bien que le pessimisme accuse un recul, il ne semble pas avoir fait place à plus d’optimisme. Aucun des cinq indicateurs n’affiche de gains statistiquement significatifs au chapitre de l’optimisme, ce qui pourrait signifier que la hausse de la crainte en mai s’est tout simplement transformée en hausse de l’incertitude en août.

  • Les disparités régionales de la confiance des consommateurs demeurent intéressantes. À la même date l’année dernière, le niveau de confiance des Canadiens qui vivent à l’ouest de l’Ontario était 10 points plus élevé que celui de leurs voisins de l’est. Aujourd’hui, les niveaux de confiance sont identiques à l’est et à l’ouest de cette province.

  • Enfin, étant donné la possibilité d’une campagne électorale cet automne, il est utile d’évaluer quelle place occupera le sentiment économique dans le choix des électeurs. Parmi ceux qui pensent que l’économie canadienne sera bonne au cours de l’année à venir, 34 % d’entre eux voteraient pour le Parti conservateur alors que 31 % d’entre eux soutiennent le Parti libéral. Parmi ceux qui sont pessimistes quant à la prochaine année, autant voteraient pour le Parti conservateur que pour le Parti libéral (33 % chacun). Les personnes qui sont optimistes concernant les perspectives des cinq prochaines années, avantagent de deux points le Parti conservateur (36 % comparativement à 34 % pour le Parti libéral), alors que ceux qui s’attendent à une détérioration de l’économie au cours des cinq prochaines années penchent en faveur du Parti libéral (31 % et 28 %).

Selon Bruce Anderson, président de Harris/Décima : « Ces chiffres suggèrent que les Canadiens sont craintifs par rapport à l’économie, mais qu’ils ne cèdent pas à la panique. Le fait que 17 % des répondants pensent que leur situation se détériorera au cours de l’année, alors que 25 % d’entre eux pensent que leur situation s’améliorera, démontre que la plupart des gens estiment qu’il n’y a pas péril en la demeure. Finalement, jusqu’à présent, les conséquences politiques de l’humeur économique semblent modestes, mais étant donné que la course nationale est serrée entre le Parti conservateur et le Parti libéral, tous les petits points de pourcentages comptent. Toute preuve démontrant que le pessimisme a déjà culminé, est une bonne nouvelle pour le Parti conservateur de Stephen Harper, du moins pour le moment. »

Bill Chornous, vice-président et stratège en placement chez Groupe Investors a déclaré : « Avec la récente baisse du prix du pétrole et la perspective d’une baisse du prix de l’essence, les inquiétudes des consommateurs canadiens à l’égard des prix se sont apaisées. L’influence de la diminution de ces prix est renforcée par l’uniformité des réponses et par les niveaux de confiance qui prévalent partout au pays. Cela explique également pourquoi bien que l’optimisme ne soit pas en hausse, le pessimisme, lui, décline. »

Chaque semaine, Harris/Décima sonde un peu plus de 1 000 Canadiens au moyen du téléVox, un sondage omnibus effectué à l’échelle nationale. Les données de ce sondage ont été recueillies du 7 au 17 août 2008. Un échantillon de cette taille produit des résultats précis à 3,1 %, 19 fois sur 20.

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