Questions d'investissement > Quatrième trimestre 2009
Après avoir perdu du lustre pendant près de trois décennies, l’or brille à nouveau de tous ses feux. Pourtant, les investisseurs sont divisés quant à son avenir : d’un côté, malgré sa forte hausse, ses inconditionnels sont convaincus qu’il peut s’apprécier encore davantage; de l’autre, ses détracteurs préviennent qu’il risque de chuter à tout moment.
Bref, rien de nouveau sous le soleil; les prévisions sur l’or sont toujours aux antipodes. Mais se pourrait-il que les éternels optimistes aient raison cette fois-ci?
Voici un aperçu de la situation actuelle de l’or et quelques-uns des facteurs qui influenceront son avenir.
On pourrait dire que le cours de l’or est en ébullition : il a fini l’année 2009 à 1 097 $ US l’once, loin des 880 $ de la fin de l’année 2008. Au début de décembre, il a même atteint un sommet historique à 1 226 $.
C’est tout un parcours quand on pense que son dernier sommet, à 850 $, remontait à 1980, et qu’il est entretemps descendu à 252 $ en 1999.
Son envolée actuelle est toutefois moins impressionnante une fois l’inflation prise en considération, car les 850 $ de 1980 équivalent environ à 2 300 $ US actuels. Autrement dit, si l’on tient compte de l’inflation, l’or est bien en dessous de son sommet de 1980. En plus, les investisseurs canadiens ont récemment vu leurs gains s’amenuiser en raison de la dépréciation du dollar américain par rapport au huard.
L’un des principaux facteurs expliquant la montée du prix de l’or est la perte de valeur du dollar américain par rapport aux autres devises. À mesure que le dollar faiblit, les investisseurs se tournent de plus en plus vers l’or, considéré comme une valeur refuge.
Mais ce n’est pas le seul facteur. N’oublions pas :
La peur que l’inflation reprenne, alimentée par les dépenses massives des gouvernements pour stimuler l’économie. L’or est souvent perçu comme une protection contre l’inflation.
La demande pour les placements sûrs en période d’incertitude sur les marchés.
L’émergence de nouveaux placements aurifères, qui investissent massivement dans les lingots d’or ou les instruments dérivés qui y sont liés.
La reprise des achats d’or par les banques centrales. Des pays tels que la Chine, l’Inde et la Russie ont récemment entrepris de garnir leurs réserves.
Le métal jaune donnera-t-il raison à ses fervents adeptes en continuant sa fulgurante montée? Ou verra-t-on son cours s’effondrer?
La réponse n’est pas claire pour l’instant; tout dépend de la suite des événements à l’échelle mondiale. Voici un aperçu de ce qui pourrait jouer en faveur ou en défaveur de l’or :
En faveur
En défaveur
L’or constitue une catégorie d’actif unique en son genre, l’une des rares à ne pas être périssable. Vous ne pouvez ni en manger ni en mettre dans votre voiture; il n’a aucune utilité en soi. Vous pouvez le transformer – le faire passer des profondeurs à la surface, ou le faire changer de forme (lingot, pièces de monnaie, bijoux) –, mais il a peu de valeur intrinsèque. Il n’a de valeur que celle qu’on lui accorde.
Dans les faits, 68 % de la demande provient du secteur de la joaillerie. Une baisse de 30 % de cette demande en 2009 n’a pourtant pas empêché le cours de l’or de grimper. Alors, quel est le carburant de cette hausse? La demande des investisseurs, tout simplement. Beaucoup voient le métal jaune comme un placement sûr en cas de volatilité des marchés et comme une protection contre l’inflation pour conserver leur pouvoir d’achat. Bien que l’or ne soit pas un placement liquide, il fait partie des types d’actif dont le cours dépend de la perception qu’en ont les investisseurs selon le contexte.